Une aide si précieuse

Dans Le Devoir, un article souligne la bonne santé des entreprises canadiennes malgré la crise de la COVID-19 : « Les entreprises canadiennes en santé… grâce aux gouvernements » (11 mai 2021).

Extrait :

Le « soutien exceptionnel » apporté par les pouvoirs publics aux entreprises leur permet d’afficher aujourd’hui une santé financière parfois meilleure qu’avant la crise de la COVID-19.

Alors que le montant des prêts (+ 9,2 %), titres d’emprunt (+6,9 %) et autres passifs (4,1 %) des entreprises canadiennes a « légèrement augmenté » en 2020, celui de leur encaisse leur permettant de faire face à leurs obligations financières a connu une « hausse marquée » de quelque 28 % ou 150 milliards de dollars, rapporte la Banque du Canada dans sa première évaluation de l’incidence de la COVID-19 sur la santé financière des entreprises canadiennes dévoilée lundi.

(…)

Mise en garde

Ces données agrégées sont toutefois à prendre avec prudence, précisent tout de suite les experts de la Banque. D’abord parce qu’elles ne permettent pas de distinguer l’effet très inégal de la pandémie sur les différents secteurs économiques, un peu moins de la moitié des entreprises de l’hôtellerie, de la restauration ou encore des loisirs et du spectacle ayant accusé des pertes de revenus d’au moins 40 %, contre à peine une sur sept dans les services immobiliers, professionnels ou scientifiques.

Aussi parce que les données financières à jour sur les petites et moyennes entreprises (PME) sont actuellement plus rares que celles concernant les grandes entreprises inscrites en Bourse. Or, note la Banque dans son rapport, si les difficultés financières des grandes entreprises peuvent avoir une plus grande incidence sur l’ensemble du système financier, le rôle dominant des PME dans l’emploi et l’activité économique rend leur situation financière non moins importante.

La semaine dernière, le vice-président Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), François Vincent, mettait encore en garde les gouvernements contre « les dettes vertigineuses » accumulées par les PME depuis le début de la pandémie. « Des centaines de milliers d’entre elles envisagent de mettre la clé sous la porte pour toujours. »

Comme l’aide financière apportée aux entreprises par les pouvoirs publics vient quelque peu « brouiller » leur bilan de santé, la Banque du Canada n’exclut pas que puisse survenir « une hausse soudaine et d’une ampleur inattendue » du nombre d’entreprises en situation d’insolvabilité lorsque cette aide publique prendra fin. Un autre risque est que cette intervention publique ait artificiellement maintenu en vie des entreprises qui n’étaient pas commercialement viables à long terme et que ces « entreprises zombies » accaparent encore longtemps des ressources financières et humaines et qui seraient mieux utilisées par d’autres.

Et puis, « la pandémie n’est pas finie », rappelle la Banque. « Certaines des entreprises ayant réussi à rester à flot jusqu’à présent pourraient voir leur santé financière se détériorer étant donné que la pandémie se poursuit. »

À la prochaine…

Ce contenu a été mis à jour le 12 mai 2021 à 12 h 23 min.

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