Pourquoi la RSE devient incontournable pour fixer la rémunération des dirigeants

Beau titre offert par le professeur Mohamed Khenissi ! Dans cet article de The Conversation (ici), l’auteur rappelle la plus-value que constitue l’intégration de la RSE dans la rémunération des dirigeants.

 

Extrait :

 

Intégration des critères RSE… La solution ?

Le recours aux critères RSE a une autre justification : faciliter la prise de décision des acteurs. Ces critères renvoient en effet à un nouvel éclairage du concept de la performance. Ils permettent en conséquence de favoriser une compréhension satisfaisante de la démarche stratégique de l’entreprise. Ils renseignent sur les risques sociétaux qui peuvent impacter la valeur du patrimoine de l’entreprise et qui sont donc susceptibles de déboucher sur des risques financiers. Ainsi, grâce au développement de sa dimension sociétale une entreprise serait en mesure de réduire efficacement ses risques de marché.

Dans ce cadre, de plus en plus d’entreprises françaises ont tendance à intégrer des critères RSE dans leurs politiques de rémunérations. Selon une étude réalisée par l’Orse et Pwc, le nombre de sociétés du CAC 40 intégrant les critères RSE dans la rémunération de leurs dirigeants n’a pas cessé d’augmenter les dix dernières années, passant de 10 % en 2006 à 70 % en 2015.

Les critères retenus concernent à la fois le social et l’environnement. Les entreprises attachent la plus grande importance à l’atténuation des risques liés à la santé et à la sécurité (dans 55 % des entreprises du CAC  40) puis au changement climatique (41 %). Viennent ensuite des préoccupations d’ordre éthique.

C’est pourquoi les critères RSE sont susceptibles de renforcer la transparence en matière de rémunération des dirigeants. Les intérêts des actionnaires mais aussi de l’ensemble des parties prenantes seront ainsi mieux protégés. En effet, les critères RSE envoient un signal positif dans la mesure où ils renseignent sur la manière dont l’entreprise est gérée dans son ensemble. Par conséquent, ils aident à prévoir la performance de l’entreprise à long terme.

Limites…

Toutefois, si les entreprises s’orientent vers une intégration réelle des critères RSE dans la rémunération variable de leurs dirigeants, plusieurs limites restent à surmonter : la complexité de mesurer certains indicateurs, la proportion qu’ils représentent dans le salaire variable du dirigeant, la pertinence de certains critères… N’oublions pas non plus que l’intégration des critères RSE peut être influencée par les votes des actionnaires (say on pay).

Mais il y a fort à parier que bon nombre d’entreprises vont suivre le mouvement et chercher à relever ces défis. Adopter un comportement socialement responsable est en effet susceptible de rendre les entreprises financièrement plus performantes. Et ce point-là fait aujourd’hui consensus.

 

À la prochaine…

Ce contenu a été mis à jour le 12 mars 2025 à 10 h 09 min.

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