Diversité, environnement et entreprises québécoises

Dans Le Devoir, le journaliste Stéphane Rolland fait le point sur le positionnement des entreprises québécoises sur le terrain de l’environnement et de la diversité : « Le Québec inc. tournera-t-il le dos à l’environnement et à la diversité? » (23 janvier 2025).

Extrait :

(…) Les milieux des affaires québécois ne sont pas isolés de cette tendance, constate la p.-d.g. de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Véronique Proulx, en entrevue. « Est-ce que ça va être généralisé ? Va falloir voir avec le temps, mais c’est sûr, on l’entend déjà là [que des entreprises révisent leur approche] », raconte-t-elle.

Si les entreprises américaines abaissent leurs critères de durabilité ou de diversité, leurs fournisseurs québécois vont inévitablement ajuster leur stratégie en conséquence, explique-t-elle.

« Si on arrive du côté américain, ce n’est pas une exigence, ce n’est pas une demande, et la majorité de tes clients sont aux États-Unis, tu vas peut-être choisir de ne pas poursuivre dans cet élan-là ou de ne pas investir là-dedans. […] Pas que ce n’est pas important, mais c’est une des nombreuses priorités. »

L’environnement plus propice à prendre le bord

Au Canada, le volet environnemental est plus à risque que celui de la diversité, croit Michel Séguin, professeur à l’UQAM.

Si les attentes des gouvernements et des clients diminuent en matière d’environnement, les entreprises qui en font moins auront un avantage concurrentiel, puisque leurs coûts seront moins élevés, explique le spécialiste de la gouvernance et de l’éthique en entreprise.

(…)

La diversité plus valorisée au Canada

Le professeur Michel Séguin pense que les efforts des entreprises en matière de diversité seraient à l’abri du mouvement de rejet au sud de la frontière. « C’est quelque chose qui est positif pour l’organisation, même si les autres ne le font pas. »

Les politiques en matière de diversité et d’inclusion permettent aux entreprises d’embaucher les meilleurs talents, ajoute-t-il. « Si elle peut aller chercher la meilleure ressource, peu importe sa couleur, son genre, son orientation sexuelle, sa religion ou quoi que ce soit, ça peut permettre à l’organisation d’être plus performante et plus efficace. »

Rosalie Vendette abonde dans le même sens. « Il y a vraiment une quantité importante de recherches académiques qui démontrent tous les bienfaits de la diversité. »

Le contexte législatif est également différent au Canada, souligne l’experte en finance durable.

Le jugement de la Cour suprême des États-Unis contre la discrimination positive dans les universités, en juin 2023, a incité les entreprises américaines à revoir leurs pratiques afin d’éviter d’éventuelles poursuites, souligne-t-elle.

« Les entreprises se font conseiller par leurs avocats d’agir avec prudence parce qu’en fait, elles pourraient être la cible de poursuites en justice par différents groupes. »

Les sensibilités culturelles sont différentes au sujet de la diversité au Canada, croit Mme Vendette. Elle souligne également l’importance de la réconciliation avec les Premières Nations.

« Ça va devenir de plus en plus une condition pour faire des affaires dans certains milieux, avec certaines communautés. Donc, ça, c’est important pour les compagnies canadiennes, c’est à ne pas négliger. »

 

À la prochaine…

Ce contenu a été mis à jour le 13 mars 2025 à 11 h 45 min.

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