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Court-termisme : les propositions de The Aspen Institute
Ivan Tchotourian 2 janvier 2017
The Aspen Institute (par l’intermédiaire de The American Prosperity Project Working Group) vient de publier un rapport proposant de contrer le court-termisme qui gangrène les entreprises américaines. Dans « The American Prosperity Project: Policy Framework », le groupe de travail propose 3 pistes de solutions qui sont les suivantes :
- Focus government investment on recognized drivers of long-term productivity growth and global competitiveness—namely, infrastructure, basic science research, private R&D, and skills training—in order to close the decades-long investment shortfall in America’s future. Building this foundation will support good jobs and new business formation, support workers affected by globalization and technology, and better position America to address the national debt through long-term economic growth.
- Unlock business investment by modernizing our corporate tax system to achieve one that is simpler, fair to businesses across the spectrum of size and industry, and supportive of both productivity growth and job creation. Changes to the corporate tax system could reduce the federal corporate statutory tax rate (at 35%, the highest in the world), broaden the base of corporate tax payers, bring off-shore capital back to the US, and reward long-term investment, and help provide revenues to assure that America’s long-term goals can be met.
- Align public policy and corporate governance protocols to facilitate companies’ and investors’ focus on long-term investment. Complex layers of market pressures, governance regulations, and business norms encourage short-term thinking in business and finance. The goal is a better environment for long-term investing by business leaders and investors, and to provide better outcomes for society.
Pour une synthèse de ce rapport de travail, vous pourrez lire cet excellent article d’Alana Semuels dans The Atlantic « How to Stop Short-Term Thinking at America’s Companies » (30 décembre 2016).
There was a time, half a century ago, when what was good for many American corporations tended to also be good for America. Companies invested in their workers and new technologies, and as a result, they prospered and their employees did too.
Now, a growing group of business leaders is worried that companies are too concerned with short-term profits, focused only on making money for shareholders. As a result, they’re not investing in their workers, in research, or in technology—short-term costs that would reduce profits temporarily. And this, the business leaders say, may be creating long-term problems for the nation.
“Too many CEOs play the quarterly game and manage their businesses accordingly,” Paul Polman, the CEO of the British-Dutch conglomerate Unilever, told me. “But many of the world’s challenges can not be addressed with a quarterly mindset.”
Polman is one of a group of CEOs and business leaders that have signed onto the American Prosperity Project, an initiative spearheaded by the Aspen Institute, to encourage companies and the nation to engage in more long-term thinking. The group, which includes CEOs such as Chip Bergh of Levi Strauss and Ian Read of Pfizer, board directors such as Janet Hill of Wendy’s and Stanley Bergman of Henry Schein, Inc., and labor leaders such as Damon Silvers of the AFL-CIO, have issued a report encouraging the government to make it easier for companies to think in the long-term by investing in infrastructure and changing both the tax code and corporate governance laws.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
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La finance : un bien… pour un mal ?
Ivan Tchotourian 7 juin 2016
Intitulé « L’articulation entre productivité et inclusivité » (pour un résumé, voir : ici), un rapport de l’OCDE analyse les causes profondes de ces deux problématiques, en examinant les liens qui les unissent et les moyens d’y répondre dans le cadre d’une action cohérente. Il souligne notamment la nécessité d’étendre les actifs productifs de l’économie en investissant dans les compétences individuelles et dans un environnement où toutes les entreprises et toutes les régions peuvent prospérer.
Comme le relève un article publié dans La presse.ca (ici), « Le poids croissant de la finance dans l’économie mondiale pourrait avoir détourné l’investissement des activités productives et provoqué une plus forte concentration de la richesse au sommet de la distribution des revenus ». L’OCDE se demande finalement si le poids croissant de la finance dans l’économie mondiale n’a pas contribué au ralentissement de la productivité et renforcé les inégalités depuis le début des années 2000.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
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L’AMF dresse un état des lieux des codes de gouvernement d’entreprise en Europe
Ivan Tchotourian 31 mars 2016
Processus d’élaboration, contrôle de leur application, thématiques clés : afin d’identifier les meilleures pratiques, l’Autorité des marchés financiers (AMF) publie une étude comparée des codes de gouvernement d’entreprise dans dix pays européens.
Depuis 2004, l’AMF publie chaque année un rapport sur le gouvernement d’entreprise et la rémunération des dirigeants. A cette occasion, elle émet des recommandations à destination des entreprises et propose des pistes de réflexion pour faire évoluer les codes établis par les associations professionnelles. Afin d’identifier les meilleures pratiques en Europe et d’alimenter ses réflexions, l’AMF publie une étude comparée du code AFEP-MEDEF avec neuf codes de pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède). Parmi les principaux constats :
- A l’exception de la France et du Royaume-Uni, les pays de l’échantillon ne disposent que d’un seul code. Celui-ci est établi par une commission, un groupe de travail d’initiative privée ou privée-publique, par le régulateur ou par l’entreprise de marché. La France est le seul pays où les codes sont élaborés par des associations représentant les émetteurs.
- Dans cinq pays (Belgique, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni), le contrôle de l’application de ces codes donne lieu à la rédaction d’un rapport par le régulateur de marché. Dans les autres, ce rapport est élaboré par une ou plusieurs entités privées, le rédacteur du code assurant également le contrôle de sa mise en œuvre dans six des pays du panel.
- L’AMF a étudié quinze rapports de contrôle ainsi rédigés : pour plus d’un tiers d’entre eux, ils sont basés sur des constats exclusivement statistiques. Mais huit s’attachent, comme le rapport de l’AMF, à apprécier de manière plus qualitative le respect du principe « appliquer ou expliquer ». Deux pays (France et Belgique) émettent des recommandations à destination des entreprises sur l’application des codes.
- Seule la France, via le rapport de l’AMF, pratique le « name and shame ».
L’AMF a également comparé le contenu des différents codes sur différents thèmes structurants en tenant compte des contextes législatif et réglementaire dans lesquels ces codes s’insèrent. D’une manière générale, et comparativement aux autres codes, le code AFEP-MEDEF apparaît assez précis, notamment sur l’évaluation du conseil, la féminisation du conseil et les critères d’octroi de la rémunération variable. Cependant, d’autres codes vont plus loin sur l’indépendance du président du conseil et sa rémunération, le rôle et les missions de l’administrateur référent et son indépendance, la transparence des modalités de calcul du plafond d’indemnités de départ, et la mise en place de clauses de restitution de la rémunération variable (claw back).
À la prochaine…
Ivan Tchotourian