Gouvernance Nouvelles diverses
Volkswagen ou le conflit d’agence entre majoritaires et minoritaires
Ivan Tchotourian 29 septembre 2016
Alors que le tribunal régional de Brunswick en Allemagne vient de révéler que des actionnaires de Volkswagen réclamaient au constructeur un total de 8,2 milliards d’euros pour dommages liés au scandale des émissions polluantes (vu l’état du cours boursier qu’illustre l’image ci-dessus, on peut comprendre !), un article publié récemment par le professeur Michel Albouy revient sur le scandale Volkswagen et le cas de conflit entre majoritaires et minoritaires qu’il illustre : « Volkswagen : révolte des actionnaires minoritaires au pays de la cogestion » (The conversation, 29 septembre 2016).
On se retrouve ici dans un conflit bien connu en gouvernance d’entreprise entre les actionnaires minoritaires et les actionnaires majoritaires. En engageant un procès contre leur propre entreprise, les actionnaires minoritaires de Volkswagen font en fait un procès aux actionnaires majoritaires, dont le holding Porsche qui a de fait le contrôle de VW.
Traditionnellement, la gouvernance d’entreprise est considérée comme un des principaux moyens pour réduire les coûts d’agence nés de la relation potentiellement conflictuelle entre les actionnaires et les dirigeants. Dans les entreprises contrôlées, comme l’est Volkswagen, le conflit d’agence a tendance à se déplacer entre les actionnaires majoritaires et les actionnaires minoritaires. C’est ce que le cas Volkswagen illustre. En effet, les actionnaires majoritaires font la stratégie de l’entreprise, décident même comme dans le cas de VW d’opérations très techniques et ignorent parfois les intérêts des minoritaires. Parfois même ils n’hésitent pas à les léser en s’appropriant des bénéfices privés.
Il est piquant d’observer que le modèle de la cogestion à l’allemande n’échappe pas aux conflits d’agence étudiés dans la gouvernance des entreprises qui reposent sur le modèle actionnarial. Décidément, le « dieselgate » n’a pas fini de nous surprendre !
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Nouvelles diverses
Les grandes entreprises plus nombreuses au Québec
Ivan Tchotourian 29 septembre 2016
Si le Québec a perdu des sièges sociaux depuis une quinzaine d’années, le nombre de grandes entreprises a tout de même augmenté de 20 %, selon une étude de l’Institut sur la gouvernance d’entreprises (ici). Merci encore à l’IGOPP !
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
normes de marché Nouvelles diverses
Où en est la RSE dans les entreprises ?
Ivan Tchotourian 29 septembre 2016
Sur 1001 startups, Julien Dallemand propose un guide intéressant sur la responsabilité sociétale : « Où en est la RSE dans les entreprises ? » (21 septembre 2016).
Depuis plusieurs années déjà, la Responsabilité Sociétale d’Entreprise attire l’attention des dirigeants d’entreprise. Certains la considère tout simplement comme une nouvelle tendance dans le monde du business, dans laquelle il est inutile d’investir. D’autres, au contraire, ont modifié leur plan stratégique pour devenir plus ‘socialement responsables’ et pensent que leur entreprise en bénéficiera. Qui a raison ?
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
divulgation financière Normes d'encadrement Nouvelles diverses
Information extra-financière : quelle place ?
Ivan Tchotourian 28 septembre 2016
I. Mejri Hamdi et A. Mennechet propose un intéressant papier sur Boursorama.com intitulé : « Information extra-financière, quelle place dans l’analyse financière ? » (6 septembre 2016). Les auteurs reviennent sur l’émergence de l’information extra-financière et la manière dont l’offre et la demande ont évolué en ce domaine, tout en soulignant les difficultés existantes.
L’information extra-financière a été au cœur de l’actualité ces derniers mois, notamment avec le cas de Volkswagen. Le constructeur allemand a reconnu en septembre 2015 avoir manipulé les tests d’émission de certains véhicules aux États-Unis grâce à un logiciel espion. Pour les investisseurs, l’action Volkswagen est devenue un pari difficile à maintenir en portefeuille, avec une performance de -41,23 % sur 1 an (au 6 mai 2016). Mais certains gérants habiles n’ont pas eu à subir cette contribution négative, notamment grâce à l’analyse extra-financière en excluant le titre (voire le secteur automobile dans son ensemble) de leur univers d’investissement sur la base de critères ESG (Environnement, social, gouvernance). Certaines sociétés de gestion, tout en prenant en compte ces critères, avaient tout de même choisi de détenir le titre Volkswagen. Il est donc légitime de s’interroger sur la valeur ajoutée de cette information extra-financière et de sa place dans l’analyse financière.
La période récente a été également marquée par le développement de l’offre d’information extra-financière avec le lancement de notations ESG sur les fonds en 2016 (Morningstar-Sustainalytics, MSCI ESG Research), ainsi qu’un cadre réglementaire plus incitatif (art. 173 de la loi de transition énergétique pour le reporting des OPCVM).
Si la prise en compte de l’information extra-financière au sens large dans les décisions d’investissement n’est pas nouvelle, on constate néanmoins un engouement pour cette information et la finance durable ces dernières années. Selon le GSIA (Global Sustainable Investment Alliance), les actifs gérés par toutes les formes de finance durable ont progressé en moyenne de 61 % entre fin 2012 et début 2014, pour atteindre 21 358 Mds $ au niveau mondial, soit 30,2 % des actifs sous gestion (21,5 % en 2012). À cette même date, l’Europe représentait le premier marché de la finance durable (63,7 % des encours globaux) devant l’Amérique du Nord (35,2 %), l’Asie-Pacifique étant encore à ses balbutiements (environ 1 %). Les investisseurs institutionnels en sont les principaux porteurs (86,9 % début 2014).
Dans le contexte d’après 2008 et suite aux multiples scandales de l’industrie financière, ce regain d’intérêt pour la finance durable s’inscrit surtout dans une attente plus large des investisseurs, à la recherche de plus de transparence et d’utilité sociale dans leurs placements.
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Ivan Tchotourian
Nouvelles diverses
Bel exemple d’ouverture du capital-actions avec dilution
Ivan Tchotourian 27 septembre 2016
Par l’intermédiaire de Mme Dominique Beauchamp, j’apprends que l’entreprise Cominar a procédé à une augmentation de capital avec une modification de sa politique de distribution de dividendes : « Cominar plie sous la pression, deux analystes déçus ».
Le Fonds de placement immobilier Cominar(Tor.,CUF.UN, 15,66$) de la famille Dallaire émet 12,8 millions de nouvelles parts à 15,65$ chacune.
Son ratio d’endettement passera de 54,5 à 51,9% de son actif total, soit son plus bas niveau depuis 2013. En août, Dominion Bond Rating Service (DBRS) avait prévenu le propriétaire immobilier qu’il pourrait perdre sa cote de crédit institutionnel s’il ne diminuait pas sa dette par rapport à son actif.
Bien qu’une dette réduite soit souhaitable, le plus grand nombre de parts en circulation (provenant de l’émission et du régime de réinvestissement des dividendes) diminue l’avoir des actionnaires existants et les futurs flux de trésorerie par part, déplore Jenny Ma, de Canaccord Genuity.
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Ivan Tchotourian
Nouvelles diverses responsabilisation à l'échelle internationale
Fiscalité et RSE : un drôle de couple
Ivan Tchotourian 27 septembre 2016
Information intéressante que diffuse La presse.ca : Apple aurait des pratiques critiquables sur le plan fiscal au Japon (« Apple épinglé au Japon pour des impôts impayés »).
Le géant américain Apple, sur la sellette en Europe pour des «avantages fiscaux illégaux» perçus en Irlande, a aussi eu des soucis au Japon pour cause d’impôts impayés relatifs à des transferts d’argent vers Dublin, ont rapporté vendredi des médiaux locaux.
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Ivan Tchotourian
Gouvernance normes de droit Nouvelles diverses
Une information financière à améliorer
Ivan Tchotourian 26 septembre 2016
« Comment informer plus peut semer la confusion » (Le Devoir, 22 septembre 2016), c’est sous ce titre que François Desjardins revient sur le dernier rapport de surveillance de l’AMF concernant la manière dont les entreprises présentent leur performance financière aux investisseurs.
Les entreprises ont de plus en plus recours aux mesures comptables hors normes pour présenter leur performance financière aux investisseurs, affirme l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans son dernier rapport de surveillance.
(…) Les entreprises doivent présenter leurs états financiers selon des règles strictes, mais peuvent, en parallèle, avoir recours à des formats qui ne font l’objet d’aucune définition consensuelle. Par exemple, rien n’empêche de présenter un « bénéfice net » et, dans le même document aux actionnaires, ajouter ou retrancher certains éléments pour arriver à un « bénéfice net ajusté ». À condition, bien sûr, de bien l’expliquer aux investisseurs, car le mot « ajusté » peut vouloir dire bien des choses.
Sans le quantifier, l’AMF a écrit que le phénomène « a augmenté au cours des dernières années ».« Bien que les mesures non conformes aux principes comptables généralement reconnus [PCGR] puissent donner aux investisseurs de l’information supplémentaire qui leur permet de mieux comprendre les principales composantes de leur performance financière, ces mesures peuvent aussi rendre confuses ou obscures les mesures présentées dans les états financiers et induire les investisseurs en erreur », a écrit l’AMF dans son Rapport d’activité du Programme d’examen d’information continue.
Quand on sait que l’information est le nerf de la guerre d’une bonne gouvernance, il faut travailler sans tarder à ce chantier.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian