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L’avez-vous lu ? Quelle éthique pour la finance ?
Ivan Tchotourian 17 juin 2024
Belle publication que je rappelle ici : « Quelle éthique pour la finance ? Portrait et analyse de la finance socialement responsable ». Paru aux PUQ en 2013, cette production d’André Lacroix et Allison Marchildon mérite d’être lu.
Résumé :
L’espace économique s’est profondément modifié au cours des vingt dernières années en raison, bien sûr, de la mondialisation, mais aussi de la déréglementation de nombreuses économies parmi les plus influentes du monde. D’une économie empirique de travail, nous sommes ainsi passés à une économie virtuelle de spéculation avec, à la clé, un recul de l’éthique au profit de logiques financières. C’est pour contrer les effets néfastes de cette financiarisation de l’économie que le mouvement de la finance socialement responsable s’est développé, ses tenants utilisant les leviers économiques, en l’occurrence de nombreux fonds de placement, pour faire pression sur les décideurs et les orienter vers des avenues plus responsables.
Ce livre présente le regard d’un philosophe et d’une sociologue sur ce mouvement. Les auteurs définissent les origines de la finance socialement responsable, pour ensuite exposer ses pratiques et ses stratégies, dresser un portrait de ses principaux acteurs et proposer des pistes de réflexion sur la dimension éthique de la finance ainsi que des outils pertinents aux pratiques des financiers. Il s’agit d’une introduction indispensable à tous ceux qui souhaitent s’initier au mouvement de la finance socialement responsable et qui recherchent des avenues éthiques en matière de développement économique.
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Gouvernance Nouvelles diverses
Revue de presse du MÉDAC (2 mai 2022)
Ivan Tchotourian 6 mai 2022 Ivan Tchotourian
Chaque semaine, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) dresse une revue de presse des actualités du monde de la finance et de l’investissement : elle est ici
- 2022-04-30 Warren Buffett Cautions Against Stock Market ‘Casino’ As Charlie Munger Slams Robinhood ― Hank Tucker, Forbes forbes.com/…/warren-buffett-cautions…
- 2022-05-06 Bourse: le temps d’imiter Warren Buffett? ― Denis Lalonde, Les Affaires « Si le recul de l’indice américain S&P 500 est de loin supérieur à celui du [TSX], c’est en grande partie en raison de la forte pondération de ce dernier en titres énergétiques et parce que le secteur bancaire canadien a pu, à ce jour, éviter le pire… » lesaffaires.com/…/bourse-le-temps-d-imiter-warren-buffett
- 2022-05-04 La Réserve fédérale américaine relève ses taux et prévoit d’autres hausses ― Radio-Canada (AFP) radio-canada.ca/…/fed-hausse-taux-directeurs…
- 2022-05-05 La Fed augmente ses taux d’un demi-point, une hausse exceptionnelle ― Arnaud Leparmentier, Le Monde lemonde.fr/…/etats-unis-la-fed-augmente-ses-taux…
- 2022-05-05 Elon Musk and Cathie Wood knock passive index investing, saying it’s gone too far ― Yun Li, CNBC cnbc.com/…/elon-musk-and-cathie-wood…
- 2022-05-06 Les marchés boursiers mondiaux restent dans le rouge après la chute de Wall Street ― La Presse (AFP) lapresse.ca/…/les-marches-boursiers-mondiaux…
- 2022-05-06 Here’s what’s ‘dangerous’ about the latest stock market plunge ― Yahoo! Finance finance.yahoo.com/…/most-dangerous-thing…
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finance sociale et investissement responsable Nouvelles diverses
L’après Covid, la finance réinventée (?)
Ivan Tchotourian 14 août 2020 Ivan Tchotourian
La revue Analyse financière propose un Dossier numérique n°75 intéressant : « L’après Covid, la finance réinventée (?) ».
Au sommaire :
« Les crises jouent un rôle de régulation dans le système capitaliste »
Entretien avec Didier Coutton, INSEEC U
Navigation à vue sur le plan économique
Par Christopher Dembik, Saxo Bank
« Les actifs immatériels doivent influencer la prime de risque »
Entretien avec Éric Galiègue, commission Évaluation de la SFAF, Valquant Expertyse
« Le financement des start-up respecte une certaine logique où l’offre créée sa propre demande »
Entretien avec Florian Bercault, Estimeo et membre de la commission Évaluation de la SFAF
Les relations investisseurs à l’épreuve de la crise sanitaire
Entretien avec Olivier Psaume, président du Cliff et directeur des relations investisseurs de Sopra Steria
Quelle place pour l’ESG dans l’entreprise ?
Par Corinne Baudoin, présidente de la commission Analyse extra-financière de la SFAF, Fabienne Brilland, vice-présidente de la commission, et Martine Léonard, membre de la commission
Faut-il aussi une taxonomie « brune » ?
Par Jérôme Courcier, expert auprès de l’ORSE (Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises)
Private Equity : rééquilibrage et transparence pour « le monde d’après »
Par Boutros Thiery, Mercer France
G7 Pensions : ESG, SDGs, Green Growth and the road to Camp David
Par M. Nicolas J. Firzli, The World Pensions Council (WPC)
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finance sociale et investissement responsable Normes d'encadrement Nouvelles diverses Responsabilité sociale des entreprises
Un balado à écouter sur la finance au secours de la planète
Ivan Tchotourian 7 février 2020 Ivan Tchotourian
Le secteur de la finance ne peut plus l’ignorer : les changements climatiques sont un risque pour nos investissements. Des géants comme le gestionnaire de portefeuille BlackRock s’éloignent peu à peu des énergies fossiles. Est-ce suffisant pour décarboniser l’économie?
Gérald Fillion s’entretient avec Rosalie Vendette, experte en finance durable.
Pour écouter cet intéressant entretien : https://ici.radio-canada.ca/premiere/balados/6942/gerald-fillion-finance-economie-analyse
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Nouvelles diverses
The Future Framework for European Capital Markets : accès aux échanges
Ivan Tchotourian 1 mars 2017
L’ECGI (ainsi que les Universités d’Oxford et de Columbia) a organisé un événement mi-janvier 2017 sur l’avenir de la finance et du marché en Europe.
Vous trouverez au lien suivant un résumé des échanges : « Conference Report » (par Thom Wetzer).
When European banks were hit by financial calamity, a lack of alternative funding arrangements deepened the crisis. Stronger European capital markets would have changed that picture, because savers and borrowers could have sidestepped frail banks. This rationale has given momentum to the European Commission’s push to create a European Capital Markets Union (CMU). The CMU should unlock funding for small and medium-sized enterprises (SMEs) and infrastructure projects, boost economic growth, and diversify the economy’s funding sources to increase financial stability. Now, the question is how to best achieve these objectives. In January 2017, at an event jointly organised by the University of Oxford, Columbia University and the European Corporate Governance Institute, scholars and policymakers met at the University of Oxford to bring expertise in law, economics and finance to bear on this issue.
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Ivan Tchotourian
Nouvelles diverses responsabilisation à l'échelle internationale
Pourquoi et comment la finance doit revenir à plus de responsabilité ?
Ivan Tchotourian 10 novembre 2016
Bel article de Christophe Revelli « Pourquoi et comment la finance doit revenir à plus de responsabilité ? » relayé par le site du RIODD. Une belle tribune sur la nécessité de mieux faire de la part du monde financier. Les juristes ont ici toutes leurs parts à jouer !
La crise des subprimes de 2008 a remis en lumière (après les crises de la fin des années 1990–début 2000) que la finance ne jouait plus le rôle initial qu’elle devrait jouer : financer l’économie réelle. La nouvelle stagnation séculaire qui a succédé à la crise financière n’a fait qu’accentuer le chômage de masse, la précarisation des sociétés, l’endettement public et privé. Au final, seules les banques ont profité des sauvetages publics pour se relancer et mettre en avant un peu plus le célèbre dicton « privatiser les profits, socialiser les pertes ».
Les économies de marché sont aujourd’hui exclusivement fondées sur un modèle néo-libéral qui réduit toute activité humaine à un simple calcul économique favorisant la création de valeur actionnariale à court terme. L’origine est à en rechercher dans la libéralisation financière avec la mise en place des principes de concentration bancaire (principe du too big to fail), de titrisation, de finance de l’ombre via les marchés non réglementés et les paradis fiscaux (principe du shadow banking) et de hausse des transactions spéculatives via notamment le développement technologique (type trading haute fréquence).
Parmi l’ensemble des flux financiers générés dans le monde, 90 % des flux financiers sont purement spéculatifs et n’ont aucun impact sur l’économie réelle en termes d’investissement et de distribution de richesses. La conséquence de cette libéralisation est que le poids du shadow banking représente aujourd’hui 120 % du PIB mondial c’est-à-dire environ 80 000 milliards de dollars US selon le Financial Stability Board.
La croissance la plus forte est observée dans les pays émergents (Chine notamment) qui adoptent donc les mêmes méthodes que les pays développés, reproduisant ainsi les erreurs du passé. L’ensemble de ces activités de shadow banking s’inscrit de plus dans un risque systémique puisque ses acteurs sont interdépendants entre eux et avec le système bancaire international. Au final, environ 50 % des flux financiers internationaux de capitaux transitent par les paradis fiscaux.
Ce phénomène d’évaporation ou d’évasion fiscale condamne les États à emprunter massivement pour assurer leur politique budgétaire et donc dépendre d’un système de financement privé qui contraint les économies plutôt que de les servir (à titre d’exemple, depuis le début de la libéralisation financière, la dette publique de la France est passée d’environ 5 % en équivalent PIB au début des années 1980 à quasi 100 % aujourd’hui).
Comme le confirment également de récentes études, ce phénomène de concentration de richesses engage que 1 % de la population détient 50 % des richesses mondiales, que 80 familles dans le monde détiennent autant que 3,5 milliards d’êtres humains… Ce système de creusement des inégalités s’est ainsi répandu dans toutes les composantes de la société et des sphères économiques, où inexorablement, en bout de chaînes, les TPE/PME dépendent des grandes sociétés cotées régies aux marchés financiers et au dictat du cours boursier.
Cet autoritarisme engage donc que toutes les composantes et parties prenantes de l’entreprise, y compris l’environnement doivent œuvrer dans le seul but de servir la cause de la création de cash à court terme pour satisfaire l’appétit des actionnaires. Certes, l’actionnaire doit être rémunéré pour son risque (selon le bénéfice généré par l’entreprise), mais cela ne doit pas empêcher le développement humain de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. En cela, il est nécessaire de revenir à des modèles où la finance reprend sa place initiale, c’est-à-dire financer l’économie réelle et les tissus d’entreprise pour un développement social et humain plutôt que de se financer elle-même.
(…) Il est urgent de ralentir, de revenir à plus de frugalité, de responsabilité et de replacer l’homme au centre de l’économie.
Je vous laisse découvrir la suite…
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Ivan Tchotourian
autres publications Nouvelles diverses
La finance : un bien… pour un mal ?
Ivan Tchotourian 7 juin 2016
Intitulé « L’articulation entre productivité et inclusivité » (pour un résumé, voir : ici), un rapport de l’OCDE analyse les causes profondes de ces deux problématiques, en examinant les liens qui les unissent et les moyens d’y répondre dans le cadre d’une action cohérente. Il souligne notamment la nécessité d’étendre les actifs productifs de l’économie en investissant dans les compétences individuelles et dans un environnement où toutes les entreprises et toutes les régions peuvent prospérer.
Comme le relève un article publié dans La presse.ca (ici), « Le poids croissant de la finance dans l’économie mondiale pourrait avoir détourné l’investissement des activités productives et provoqué une plus forte concentration de la richesse au sommet de la distribution des revenus ». L’OCDE se demande finalement si le poids croissant de la finance dans l’économie mondiale n’a pas contribué au ralentissement de la productivité et renforcé les inégalités depuis le début des années 2000.
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Ivan Tchotourian