Gouvernance
Rapport de l’enquête « Gouvernance au Québec : portrait et tendances 2023 »
Ivan Tchotourian 21 juin 2024
Belle étude du Collège des administrateurs (CAS) consacrée à la prise en compte par la gouvernance des entreprises québécoises des changements environnementaux.
Les résultats de l’enquête « Gouvernance au Québec : portrait et tendances 2023 » dressent le portrait des tendances et des pratiques en gouvernance adoptées par les conseils d’administration au Québec pour la prise en compte des enjeux environnementaux. Un faisceau de raisons explique la nécessité pour les entreprises de moderniser leur gouvernance pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux tels que les changements climatiques, l’érosion de la biodiversité et la raréfaction des ressources naturelles.
Joanne Desjardins et Jean-François Henri abordent des pistes de réflexion afin d’opérer un virage durable pour la prise en compte des enjeux environnementaux, puis des questions à poser sur la gouvernance des enjeux environnementaux.
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actualités canadiennes Gouvernance mission et composition du conseil d'administration
Conseil d’administration : comment ça fonctionne et quels sont les prérequis ?
Ivan Tchotourian 21 juin 2024
C’est l’assemblée des actionnaires qui élit les membres d’un conseil d’administration (CA), qui sont donc là pour représenter non seulement les intérêts des actionnaires, mais toutes les parties prenantes intéressées par les affaires de l’entreprise. Le conseil est aussi chargée d’effectuer une surveillance des affaires de l’organisation pour s’assurer qu’on crée de la valeur et qu’il y ait une bonne gouvernance. Mmes Annick Mongeau et Monique Jérôme-Forget discutent gouvernance dans cet extrait d’une émission de Radio-Canada.
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actualités internationales engagement et activisme actionnarial Gouvernance rémunération
Tesla et la rémunération de Musk
Ivan Tchotourian 17 juin 2024
Élaboré en 2018, le plan de rémunération d’Elon Musk de 56 milliards de dollars a été approuvé récemment par les actionnaires de Tesla : « Les actionnaires de Tesla valident la méga-rémunération d’Elon Musk » (Le Devoir, 13 juin 2024).
Extrait :
Bien conscient de l’importance des actionnaires individuels, le groupe a mené une campagne tous azimuts jusqu’au dernier moment pour les inciter à voter.
(…) Outre un site Internet ad hoc avec compte à rebours et plaidoyer ainsi que des encarts publicitaires, il avait également mis en jeu, par tirage au sort, quinze visites de la méga usine d’Austin avec comme guides Elon Musk et Franz von Holzhausen, chef designer de Tesla.
Plusieurs gros-porteurs avaient annoncé au fil des jours qu’ils s’opposaient à ce package, comme un certain nombre l’avait déjà fait le 21 mars 2018, lorsque ce montage financier avait été soumis aux actionnaires en assemblée générale extraordinaire.
(…) Le package prévoyait des distributions d’actions pendant dix ans, en fonction d’objectifs précis.
Sortie de route
Mais le recours d’un actionnaire devant un tribunal du Delaware a abouti à son annulation fin janvier.
Mi-avril, le conseil d’administration a entrepris une manoeuvre pour le remettre en piste en l’inscrivant au menu de l’assemblée générale ordinaire de jeudi.
« Le conseil soutient ce plan de rémunération. Nous y avons cru en 2018, en demandant à Elon de poursuivre des objectifs remarquables pour développer l’entreprise », avait alors fait valoir le conseil.
L’action Tesla valait 20,70 dollars à la clôture de Wall Street la veille de l’AG de 2018 (en tenant compte des divisions du titre intervenues depuis), et 177,29 dollars à la fermeture mercredi.
Selon Garrett Nelson, analyste de CFRA Research, les actionnaires individuels détiennent environ 40 % du capital du constructeur.
La crainte, avait souligné l’analyste à l’instar d’autres experts et d’actionnaires favorables au plan, était que, en cas de refus par l’AG, le milliardaire aurait pu se détourner de Tesla pour davantage se consacrer à ses autres entreprises (SpaceX, X, xAI, Starlink, etc).
(…) Sollicité par l’AFP en amont de l’AG, Vanguard, premier investisseur avec une part de 7,23 % fin 2023, a refusé de dévoiler son vote et BlackRock, second investisseur avec 5,9 %, n’a pas répondu.
Selon le Wall Street Journal, en 2018 le premier avait voté contre, tandis que le second avait approuvé le plan.
Le fonds de pension des enseignants de Californie (CalSTRS), l’un des trois plus importants des États-Unis, a voté non à ce plan qualifié de « ridicule », par Chris Ailman, son directeur des investissements.
Même refus du fonds souverain norvégien NBIM — le plus gros au monde et actionnaire de Tesla à 0,98 % fin 2023 — comme en 2018.
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Gouvernance
Comment la compréhension des risques climatiques vous aidera‑t‑elle à passer de l’ambition à l’action?
Ivan Tchotourian 17 juin 2024
La cinquième édition du Baromètre mondial sur les risques climatiques d’EY révèle une augmentation du nombre d’entreprises qui communiquent des informations sur le climat, mais leurs ambitions en matière de réduction des émissions de carbone ne sont pas à la hauteur des besoins.
En bref
- La qualité des informations fournies en lien avec les changements climatiques va en augmentant, mais l’ampleur des améliorations n’est pas suffisante pour que puisse être observé un changement mesurable.
- Trois nouvelles dimensions définiront l’environnement de présentation de l’information au cours des prochaines années.
- Les entreprises devraient se servir des informations à fournir en lien avec les changements climatiques pour construire leur stratégie d’entreprise, plutôt que de les considérer comme un fardeau réglementaire auquel elles doivent se conformer.
Merci au Collège des administrateurs de sociétés pour l’information !
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Gouvernance normes de droit Responsabilité sociale des entreprises
Comité de retraite : quel devoir de loyauté pour les CA ?
Ivan Tchotourian 4 juin 2024
Les devoirs fiduciaires des membres des CA des comités de retraite intrigue. Peu de doctrine existe, du moins lorsque le regard se tourne vers le Québec. Le professeur Mignault vient combler ce vide avec cet article publié dans la Revue du Barreau :
- Patrick Mignault, « Les comités de retraite et l’incertitude sur l’étendue du devoir d’honnêteté et loyauté prévu à la Loi sur les régimes complémentaires de retraite », 2020 – La Revue du Barreau, tome 79
Résumé :
En vertu de la Loi sur les régimes complémentaires de retraite (« LRCR »), le comité de retraite a l’obligation fiduciaire d’administrer la caisse de retraite dans l’intérêt exclusif des participants et bénéficiaires du régime de retraite. Dans cette étude, nous soulevons que cette formulation actuelle du devoir d’honnêteté et de loyauté prévu à la LRCR soulève des questionnements eu égard à (i) la définition restrictive du terme « bénéficiaires » qui exclut l’employeur sans égard à la nature du régime de retraite ; (ii) l’absence d’une référence explicite à une fin poursuivie dans l’administration de la fiducie ; et (iii) l’imprécision sur la nature des intérêts qui peuvent être considérés dans la prise de décision. Dans différentes situations, ces questionnements placent les membres d’un comité de retraite dans une position d’incertitude sur l’étendue de leur devoir de loyauté : les intérêts de l’employeur peuvent-ils être considérés par le comité de retraite ? comment le comité de retraite doit-il composer avec les intérêts divergents entre les participants et les bénéficiaires ? comment les facteurs environnementaux, sociaux ou de gouvernance peuvent-ils être intégrés dans la politique de placement ? Nous proposons quelques pistes de réfl exion pour une actualisation de ce devoir, dont la rédaction remonte à avant l’adoption du Code civil du Québec marquée par l’introduction de nouvelles dispositions sur la fiducie et l’administration du bien d’autrui.
Rappelons sur ce terrain que l’Observatoire de la retraire a produit un mémoire dans le cadre de la consultation portant sur la Ligne directrice de l’ACOR sur la gestion des risques à l’intention des administrateurs de régimes de retraite. Ce mémoire peut être consulté ici.
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Gouvernance mission et composition du conseil d'administration
Diversité dans les CA : un plus
Ivan Tchotourian 4 juin 2024
Billet de blogue très pertinent de Jacques Grisé (qui édite le blogue Gouvernance | Jacques Grisé) portant sur la diversité dans les CA : « La diversité au sein des CA » (26 mai 2024). Dans ce billet, Jacques fait les point des recherches et études et met en lumière les avantages d’une diversité du CA :
- Perspectives variées : La diversité au sein du CA apporte une variété de perspectives, d’expériences et de compétences, ce qui peut enrichir les débats et les prises de décision. Des membres issus de différents horizons peuvent apporter des idées innovantes et des solutions créatives aux problèmes rencontrés par l’entreprise.
- Adaptation aux marchés : Dans un monde de plus en plus globalisé et diversifié, il est essentiel pour les entreprises de refléter la diversité de leur clientèle et de leurs marchés. Avoir un CA diversifié peut aider l’entreprise à mieux comprendre et répondre aux besoins et aux attentes de ses clients.
- Image de marque : Les entreprises qui prônent la diversité et l’inclusion au sein de leur CA peuvent bénéficier d’une meilleure réputation et être perçues comme des employeurs attractifs et socialement responsables. Cela peut également renforcer la confiance des investisseurs, des clients et des autres parties prenantes.
- Lutte contre la discrimination : En favorisant la diversité au sein de leur CA, les entreprises envoient un signal fort contre la discrimination et l’exclusion. Cela peut contribuer à promouvoir l’égalité des chances et à lutter contre les préjugés et les stéréotypes.
- Performance accrue : De nombreuses études ont montré que les entreprises avec des CA diversifiés ont tendance à être plus performantes sur le plan financier. La diversité peut favoriser l’innovation, la résilience et la prise de décision collective, ce qui peut avoir un impact positif sur la rentabilité et la croissance de l’entreprise.
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