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Le MÉDAC publie les bilan des assemblées annuelles 2025 des 7 banques canadiennes

Merci au MÉDAC d’assurer le suivi de ce qui se passe au sein des assemblées annuelles des grandes banques canadiennes.

  • Pour nos lectrices et lecteurs, vous trouverez le bilan au lien suivant : https://medac.qc.ca/salle-de-presse/2148-%f0%9f%8f%a6-bilan-2025/

Au-delà des chiffres, voici les grandes tendances sur ce qui a suscité l’intérêt au regard des propositions du MÉDAC :

  • la proposition demandant la divulgation d’information sur la question du travail forcé et le travail des enfants dans les portefeuilles de prêts ont toutes récolté plus de 21 % d’appui — 3 banques ont divulgué suffisamment d’information sur la question pour qu’il soit jugé inutile de demander le vote
  • la CIBC s’est engagée à signer le Code de conduite volontaire visant un développement et une gestion responsables des systèmes d’IA générative avancés du fédéral — les résultats de vote des autres banques se situent entre 8 et 17 % d’appui
  • la divulgation des langues exigées des employés par les banques n’a vraiment pas obtenu beaucoup d’appui : aucune banque n’a accepté de divulguer cette information qu’elles ont pourtant, par ailleurs, et ce malgré le fait qu’un sondage Léger indique que cette meusure est appuyée par une forte majorité de la population — nous en déduisons que les droits de vote détenus par les investisseurs individuels de la population générale ne sont pas exercés dans le même sens que leurs intentions
  • la divulgation des déclaration pays par pays recueille, à nouveau, environ 10 % partout (sauf à la Laurentienne qui n’est pas tenue par la Loi de produire cette déclaration)
  • les banques qui, à la suite de l’appui substantiel (souvent majoritaire) des actionnaires l’an dernier, se sont toutes engagées à maintenir les assemblées en personnes, sauf la RBC, malgré l’augmentation du niveau d’appui à plus de 48 %.
  • l’appui à l’implantation de la pratique du vote consultatif sur les politiques environnentales (say on climate), proposition envoyée pour une 4e fois aux banques, fléchit légèrement, dans presque tous les cas (voir le tableau ci-dessous)

À la prochaine…

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Quelles nouvelles en gouvernance d’entreprise en 2025 ?

L’ECGI a publié ce matin une intéressante petite synthèse des sujets de l’heure en gouvernance d’entreprise 2025 : « What’s shaping corporate governance in 2025? ». Ces sujets vont donner lieu à des newsletters publiées mensuellement… Mais, ce qui nous intéresse est de savoir quelques sont les sujets chauds !

 

Extrait :

 

What’s Shaping Corporate Governance in 2025?

Corporate governance is being redefined by several converging forces, including:

📌 AI, Cybersecurity & Digital Transition: Boards must now oversee AI-driven decision-making, cyber risk management, and evolving investor technologies like pass-through voting. Are they prepared?

📌 Geopolitics & FDI: No legal or economic system exists in isolation. As trade wars and national security concerns rise, how will companies adapt to investment restrictions? How will they compete with state-owned enterprises? Is it time for diplomatic expertise on boards?

📌 ESG Crossroads: Diverging regulatory approaches between the EU and U.S. are driving both advancement and backlash. Is ESG becoming a political battleground?

📌 Public vs. Private Markets: More companies are opting to stay private, backed by sovereign wealth funds or private equity investors. What does this mean for transparency and accountability? Have regulatory requirements made public listings unattractive to companies?

📌 Shareholder Activism & Investor Stewardship: From common ownership to activist hedge funds, who really controls corporate strategy? What are the potential impacts of new Delaware ‘reforms’ on shareholder rights in the U.S. and beyond?

📌 Dual Class Shares & Multiple Voting: A classic theme that is resurfacing in the context of powerful private markets, defensive strategies, and competition. In the EU and Asia, a relaxation of regulations is seeking to accommodate stock exchanges and attract company listings from overseas. Is it a race to the top or to the bottom?

📌 The Changing Nature of Cross-Border M&A: Are national security concerns complicating international mergers and acquisitions? How will antitrust enforcement affect corporate consolidation?

 

À la prochaine…

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Dirigeant européen : qui est-il ?

Le quotidien français Les Échos.fr propose un portrait-robot du dirigeant d’entreprise européenne (20 mars 2025).

Plutôt des hommes ou des femmes ? Recrutés en interne ou en externe ? … Le cabinet d’« Executive Talent Advisors » de Beyond Associés a passé en revue les principales caractéristiques des chefs des entreprises du Stoxx 600. « Les Echos » en livrent les conclusions en exclusivité.

 

À la prochaine et bonne lecture…

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Elgar Encyclopedia of Corporate Governance

Nouvel ouvrage qui intéressera nos lectrices et lecteurs : l’encyclopédie de la gouvernance. C’est publié chez Edward Elgar…

 

Résumé :

With 163 authoritative entries providing definitive explanations and critiques of the fundamental principles and practices of corporate governance, this timely Encyclopedia is a comprehensive overview of the economic, political, social, legal and environmental impacts of corporations across the globe.
Bringing together almost 100 leading experts, the Encyclopedia addresses the meaning and purpose of corporate governance and how this term has evolved over time. Philosophical perspectives on corporate governance, as well as its origins and history are laid out, alongside critical theories and methodologies on governance. The Encyclopedia then examines different aspects of governance related to governance regimes, neoliberalism, finance, accounting and corporate reporting, law and regulation, strategy and forms of governance. Board processes and performance, leadership in the boardroom, board directors and board diversity are explained. Focus is drawn to emerging societal problems and crises related to corporate governance and how these have been addressed by different institutions, such as digital era governance, corporate social responsibility and corporate sustainability and regeneration of the natural world.
The Elgar Encyclopedia of Corporate Governance is an essential reference source for academics, researchers and students of business and management, economics and finance and environmental studies. Professionals and policymakers working in the sectors of corporate governance, corporate social responsibility, management and sustainability and strategic management will also find this to be an indispensable reference work.

 

À la prochaine…

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Nouvelle publication : Radical Business Perspectives for Sustainability Transitions

Edward Elgar vient de publier un nouvel ouvrage bien intéressant : « Radical Business Perspectives for Sustainability Transitions ».

 

Résumé

Focusing on society’s transitions towards sustainability from a business perspective, this inspiring book encourages radical development in solving major sustainability challenges. It addresses the key question: what needs to radically change in businesses to thrive while also respecting the natural environment and contributing to building social foundations?
A diverse collection of contributing authors present conceptualizations of radicality, and pave the way for the operationalization of radical perspectives in sustainability transitions. Chapters focus on three central institutional dimensions – cognitive, normative, and regulatory – and examine key theories such as corporate degrowth, stewardship and spirituality in business. They emphasize the importance of accelerating the most-needed sustainability developments to resolve challenges at the intersection of business, society, and ecology.
Scholars and students focusing on corporate social responsibility, environmental management, innovation and business studies will find this book to be highly beneficial. It is also crucial for business leaders hoping to anticipate changes related to sustainability transitions.
À la prochaine…
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Facteurs ESG ou facteurs GSE

Bel article à parcourir sur les priorités des critères ESG… peut-être à inverser (!) : Gouvernance, Social, puis Environnement.

 

Extrait :

 

La durabilité, un enjeu de… durabilité et de performance pour les entreprises

La bonne nouvelle est que de plus en plus de dirigeants se rendent compte que la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux devient indispensable afin d’assurer la durabilité de leurs modèles d’affaires et, par là même, la pérennité de leurs entreprises.

De plus en plus d’études témoignent par ailleurs que la prise en compte des enjeux ESG a un impact positif sur les indicateurs financiers de l’entreprise. L’étude d’Eiffel Sustainability & Impact Innovation Center de Mai 2024 sur des PME & Eti européennes, démontre que 83% des objectifs ESG ont eu une répercussion nette positive sur les indicateurs financiers des entreprises étudiées. En prenant conscience que ces enjeux représentent désormais des risques avérés, mais sont aussi des opportunités de création de valeur globale pour leurs entreprises, les dirigeants comprennent qu’ils doivent mieux prendre en considération les impacts positifs ou négatifs que leurs activités génèrent. Ainsi, ils sont de plus en plus nombreux à positionner ces sujets là où ils doivent l’être : au cœur de leur stratégie pour adapter les modèles d’affaires et les propositions de valeur.

Il y a urgence, car il y va de la pérennité même des entreprises à moyen terme. En effet, bien au-delà d’un objectif de réduction de l’empreinte environnementale de leurs activités, les exigences des parties prenantes vis-à-vis de l’entreprise se sont considérablement renforcées en très peu de temps. Cela implique que les entreprises prennent des engagements qui vont très au-delà de la mise en place d’une feuille de route RSE classique. Depuis le Covid, les salariés, au-delà d’un revenu décent et de la perspective d’évolution de carrière alléchante, attendent désormais de leur employeur du sens et un engagement sincère sur les sujets sociaux et environnementaux, pouvant aller jusqu’à quitter leur entreprise ou à refuser un poste ; les donneurs d’ordre accordent une importance croissante voire centrale aux critères ESG dans la sélection de leurs fournisseurs ; le monde de la finance est de plus en plus actif, avec, d’un côté, les fonds d’investissement qui font de l’ESG un critère de sélection et de valorisation objective de leurs participations et, de l’autre, les banques, qui proposent des prêts à taux bonifiés indexés sur l’amélioration d’indicateurs de performance extra-financiers.

On le voit bien, le risque pour une entreprise à ne pas s’engager est réel et dépasse très largement le cadre de la conformité réglementaire. Car si elle ne peut plus attirer ou retenir les talents, si elle vend de plus en plus difficilement et si elle a de plus en plus de mal à se financer, elle est inexorablement amenée à disparaître à plus ou moins brève échéance…

Un enjeu global, systémique et existentiel

La durabilité devient ainsi le nouveau grand sujet de transformation de l’entreprise car une condition essentielle à sa pérennité. Il est global car il les concerne toutes, systémique car il touche à toutes ses fonctions, et essentiel car il interroge sur sa finalité même. Il est plus profond que le digital qui reste, malgré les considérables changements qu’il a occasionnés, un moyen, alors qu’il a bouleversé de façon brutale le paysage concurrentiel de la plupart des secteurs d’activité.

(…)

Si on attend d’elle qu’elle ait un impact sur la société et sur son environnement, elle doit évidemment avoir la capacité d’investir et de se projeter sur le long terme et donc avoir un modèle économique qui fonctionne. Mais la nécessaire transformation d’une entreprise pour la rendre résiliente face aux nouveaux enjeux de durabilité impose de dépasser l’urgence du court terme pour mener une réflexion et s’engager sur un temps long, qui va au-delà de son horizon classique de réflexion.

Pour une démarche GSE : Gouvernance, Social, Environnement

La prise de conscience et la construction de convictions fortes du dirigeant et l’alignement avec les instances de gouvernance constituent la première condition pour que l’entreprise se mette en mouvement. Un dirigeant climato sceptique ou qui ne voit dans l’ESG qu’un ensemble de contraintes ne pourra pas créer la dynamique nécessaire pour lancer un chantier de transformation qui affecte toutes les dimensions de l’entreprise. À l’opposé, un dirigeant convaincu mais entouré d’actionnaires qui exigent des résultats à court terme aura du mal à imposer à ses associés des arbitrages visant à renoncer à une performance immédiate au profit d’un investissement dont les retours ne seront visibles qu’au-delà de leur horizon naturel de réflexion. Une entreprise sous LBO, dont les fonds majoritaires exigent un TRI très élevé avec une sortie prévue à deux ou trois ans ou encore une entreprise cotée avec des fonds activistes à son capital n’auront pas la même capacité de projection qu’une entreprise dont le capital est détenu depuis plusieurs générations par une famille et qui s’inscrit dans une tradition de transmission patrimoniale. En considérant la durabilité comme un sujet désormais essentiel, dont les effets se mesurent sur le temps long, la gouvernance va devoir adapter son système de mesure et de reconnaissance de la performance pour y intégrer des critères extra-financiers. La CSRD par le cadre qu’elle pose, invite progressivement les 50 000 plus grandes entreprises européennes à mener cette réflexion dès 2024 et à publier des engagements concrets qui se généraliseront par la suite à l’ensemble de leur chaîne de valeur.

La conviction du dirigeant, l’alignement avec les représentants des actionnaires et le board, de nouveaux indicateurs de performances sont des préalables indispensables pour créer l’impulsion nécessaire. L’étape suivante consiste à embarquer les véritables acteurs de la transformation : les équipes. Là encore, il s’agit de faire les choses dans le bon ordre : des dirigeants qui ont toujours appliqué un modèle de management classique basé sur la recherche de croissance et de profit risquent de susciter scepticisme, voire désengagement s’ils affichent une volonté soudaine de contribuer au bien commun, même s’ils sont sincères.

Le procès en green ou en purpose washing n’est jamais loin. Il faut donc expliquer, donner de la perspective et de la profondeur au sujet pour embarquer les équipes, indispensables pour opérer une transformation qui touche à l’ensemble des métiers et nécessitera donc l’implication de tous. Le besoin de comprendre des équipes est réel, ne serait-ce que pour démontrer qu’il ne s’agit pas d’un effet de mode mais la conséquence d’une évolution en profondeur du modèle capitaliste dont l’entreprise doit se saisir sans tarder.

Mais cela ne suffit évidemment pas. On ne change pas cinquante ans de culture friedmanienne dans les entreprises par la magie de quelques heures de sensibilisation aux grandes évolutions du monde capitaliste. L’ESG est souvent déstabilisant pour des équipes qui se retrouvent face à des injonctions contradictoires et qui vont devoir renoncer à prendre des décisions qui paraissaient évidentes jusque-là.

Accepter des coûts supérieurs pour acheter local, renoncer à un investissement très rentable à court terme car il générera des nuisances sur le long terme, incompatibles avec le nouveau projet de l’entreprise, modifier la structure de rémunération des équipes commerciales jusque-là basée sur des critères de performance au mois pour le remplacer par un indice de satisfaction clients sur le long terme est déstabilisant. Le dirigeant devra être entouré d’une équipe de comité de direction convaincue qui, à son tour, pourra embarquer le management intermédiaire et l’ensemble des équipes.

Intégrer la durabilité devient une nécessité vitale pour l’entreprise et requiert conviction du dirigeant et alignement de la gouvernance avant la mise en œuvre d’un volet social incontournable pour accompagner la transformation et le changement. C’est à cette condition qu’on pourra embarquer les équipes et les motiver à imaginer et lancer les offres qui permettront d’avoir un impact positif et réellement décisif sur l’environnement. C’est précisément la philosophie à laquelle nous invite le reporting de durabilité CSRD qui permet aux entreprises d’encadrer leur démarche.

Il faut donc bouleverser l’ordre des choses : l’impact environnemental est une conséquence et non pas la finalité d’un programme ESG.

D’ailleurs, ne devrions-nous pas désormais parler de programme GSE ?

 

À la prochaine…

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Une entrevue dans La presse

La nomination de Mme Geneviève Biron à la tête de Santé Québec donne lieu à des réactions et des réactions notamment sur la gestion de l’apparence de conflit d’intérêts. Ce matin dans le journal La Presse, j’ai l’occasion de partager mon analyse sur ce dossier…

  • Fanny Lévesque, « Biron opte pour un mandat sans droit de regard », La Presse, 28 mai 2024

 

À la prochaine…