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Prix Yvon Blais (cours DRT-7022) : bravo aux étudiants !

Le prix Yvon Blais du cours DRT-7022 visant à récompenser les meilleurs travaux de fin de session a été remis à 3 équipes (7 étudiants). Il s’agit des étudiants suivants :

  • Anne-Sophie Comtois et François-Olivier Picard
  • Pierre-Luc Godin et Guillaume Giguère
  • Tshikunga Namuindji Angela, Loïc Geelhand de Merxem Ecuyer et Schabelman Valentin

 

Bravo à ces étudiants pour la qualité de leurs travaux !

À la prochaine…

Ivan Tchotourian

divulgation extra-financière

Le reporting extra-financier en Europe : vers un prochain plan d’action

La Commission européenne a publié le 31 janvier 2018 le rapport final contenant les recommandations du groupe d’experts concernant la finance durable (« Rapport HLEG »). Celui-ci a pour but de mettre en œuvre une stratégie européenne et servir de feuille de route à la Commission européenne.

Cette dernière souhaite en effet revenir dès mars prochain avec un vaste plan d’action sur la finance durable, élaboré grâce aux recommandations du rapport. La dernière étape consiste alors à des propositions législatives[1] afin de faire de l’Europe un leader matière de finance durable. Tels sont les ambitions de la Commission européenne.

Le reporting RSE, ou extra-financier, fait partie des outils indispensables à l’avènement d’une finance orientée vers les nouveaux enjeux contemporains selon le groupe d’experts[2]. La divulgation de l’information extra-financière permet d’améliorer la transparence sur l’activité d’une entreprise, que ce soit en matière environnementale, sociale, ou de gouvernance (« ESG ») ou par rapport au risque climatique. Ces données permettent à l’entreprise d’évaluer son impact sur la société et l’environnement. La comparaison de ces données est aussi un des facteurs essentiels d’une réorientation de la finance vers des investissements plus durables.

L’une des recommandations clés du rapport est le renforcement des règles sur la divulgation extra-financière pour rendre la gestion durable du risque plus transparente, en commençant notamment par prendre en compte le changement climatique[3]. Le groupe d’expert s’est notamment appuyé sur les travaux de la « task force on climate-related financial disclosures » (« TCFD ») ainsi que sur la mise en place de l’article 173 relatif à la transition énergétique[4] en France.

Les recommandations du rapport HLEG en matière de reporting extra-financier

Le rapport HLEG souligne plusieurs points essentiels[5] dans ses recommandations afin de guider la Commission européenne :

– Les investissements sur le long terne nécessitent une divulgation sur le long terme des risques durables et des opportunités ;

– La divulgation d’information extra-financière permet un dialogue interne au sein de l’institution ainsi qu’une meilleure prise en compte des parties prenantes ;

– L’information divulguée générée doit être de qualité, afin de permettre son effective utilisation dans la prise de décision ;

– Au niveau international, l’Europe devrait jouer son rôle de leader afin de promouvoir des standards de reporting au niveau global ;

– Une expérimentation est nécessaire au niveau européen ainsi qu’une harmonisation des méthodologies de reporting ;

– La divulgation doit permettre à l’Union européenne de s’assurer qu’elle dispose des outils financiers et des incitatifs nécessaires afin de respecter ses engagements sous l’Accord de Paris et ses objectifs de développement durable (SDGs goals) ;

– Les normes proposées par la TCFD ont le potentiel de devenir la « nouvelle norme » en matière de divulgation extra-financière sur les risques liés au climat. Le rapport propose de s’inspirer de ces travaux et de les appliquer à un niveau européen. L’alignement de la directive européenne sur le reporting (« Non-Financial Reporting Directive »[6]) avec les normes proposées par la TCFD est notamment proposé ;

– L’exemple de l’article 173 de la loi sur la transition d’énergie est aussi cité comme source d’inspiration. Cet article renforce le reporting extra-financier de certains acteurs économiques en France. Les retours concernant la mise en place de cet article, basé sur le « comply or explain », participeront à la prochaine réflexion européenne sur le sujet.

Il est important de s’attarder sur ces deux derniers points puisqu’ils vont servir à la Commission européenne dans sa prochaine démarche vers un reporting extra-financier efficient.

Les travaux de la TCFD : une proposition de standards sur le reporting des risques liés au climat

Lancée lors de la COP21 en 2015 à Paris, la TCFD « rassemble des utilisateurs et fournisseurs de reporting issus du secteur privé afin de travailler sur la question de la publication et de l’utilisation des informations liées au climat dans le secteur financier[7] ». La TCFD a publié ses recommandations[8] spécifiques pour construire un cadre au reporting sur les risques climat en juin 2017.

Le rapport TCFD a pour but de promouvoir l’implémentation d’une divulgation de risques liés au climat. Pour ce faire, le groupe de travail explique les risques et les opportunités que représente le changement climatique. Le reporting joue un rôle fondamental puisqu’il permet aux différents acteurs de prévoir le coût de ces risques, de rediriger des capitaux vers une finance plus durable et sur le long terme[9].

La task force propose ainsi plusieurs recommandations[10] :

Elle indique aussi certains principes simples pour une divulgation pleinement efficace[11] :

  • La divulgation doit représenter des informations pertinentes ;
  • La divulgation doit être spécifique et complète ;
  • La divulgation doit être claire, équilibrée et compréhensible ;
  • La divulgation doit être consistante à travers le temps ;
  • La divulgation doit être comparable par rapport aux concurrents dans un même secteur, industrie ou portfolio ;
  • La divulgation doit être fiable, vérifiable et objective ;
  • La divulgation doit être émise sur une base régulière.

Le groupe d’experts souhaite aussi scruter les résultats de la mise en place de l’article 173 en France, qui traite elle aussi du reporting extra-financier. Cette première forme d’expérimentation permet d’appréhender une prochaine législation européenne dans le domaine ainsi que d’anticiper au mieux certaines difficultés.

L’expérience française en matière de reporting extra-financière : l’article 173

Cette disposition du droit français[12] fait suite aux mesures déjà prises en vue de consolider le reporting extra-financier en France. Elle ne fait qu’étendre les dispositions de la loi « Grenelle II[13] » aux investisseurs institutionnels.

Elle pose l’obligation d’information pour ces derniers sur la gestion des risques liés au climat ainsi que l’intégration de paramètres environnementaux et sociaux dans leur politique d’investissement.

Le but est selon le rapporteur de la loi[14] de « donner de l’intérêt économique à ce qui est écologiquement indispensable ». Pour ce faire, le reporting extra-financier est la première étape. Elle permet une transparence sur les émissions de gaz à effet de serre des entreprises, et ainsi, une prise conscience des investisseurs par rapport aux risques environnementaux de leurs portefeuilles.

L’article 173 impose notamment aux investisseurs institutionnels un reporting à propos :

  • Des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (« ESG ») ;
  • Des risques liés au climat.

Les premiers rapports quant à l’application de cette disposition permettent déjà de constater certains enseignements que la Commission devra prendre en compte[15] :

  • Les rapports à géométrie variable : la qualité des informations n’est pas homogène. L’autorité des marchés financiers signale le fait qu’il n’y a que 38 % des institutions de son panel qui a publié des informations liées aux risques ESG et climat[16].
  • Les limites concernant les outils mis à disposition pour mesurer les deux dimensions (ESG et climat) ;
  • La délégation de la création de ces rapports à des tiers experts. Cela pose le problème des rapports « clef en main » qui empêche l’appropriation d’une véritable démarche ESG et climat par les entreprises.

Face à cela, des pistes d’amélioration ont pu être proposées. Il s’agit principalement de remettre les entreprises et investisseurs au cœur des débats, d’une clarification des objectifs assignés à leurs stratégies ESG et climat ou encore la publication d’un seul document aisément accessible et rédigé en français[17].

L’avenir du reporting extra-financier en Europe

Ces différentes sources d’inspirations peuvent permettre à la Commission européenne d’élaborer un plan d’action efficace et atteindre les objectifs de développement durable qu’elle s’est fixé. Même si les transpositions suite à la directive européenne de 2014[18] sont encore récentes pour certains pays (comme pour la France[19]), les futures propositions législatives suite à ce plan d’action permettront, peut-être, de combler certaines critiques[20]. Force est de constater la prise en compte de plus en plus importante du reporting extra-financier comme outil indispensable à un changement des mentalités au sein des acteurs économiques.

[1] EU High-Level Expert Group on Sustainable Finance, Financing a sustainable european economy, Commission Européenne, (2018) à la p 2.

[2] Ibid à la p 9.

[3] Ibid à la p 23.

[4] Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, JO, 18 août 2015, 14 263.

[5] Supra note 1 à la p 23.

[6] CE, Directive 2014/95/UE du parlement européen et du conseil du 22 octobre 2014 modifiant la directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations non financières et d’informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes, [2014] JO, L 330/1.

[7] France, Ministère de l’économie, Rapport du gouvernement relatif à l’application par les entreprises des dispositions de l’article L.225-102-1 du code de commerce et du décret « Grenelle II », septembre 2016 à la p 20.

[8] Task Force on Climate-Related Financial Disclosures, Final Report : Recommendations of the Task Force on Climate-related Financial Disclosures, (2017), en ligne :

https://www.fsb-tcfd.org/publications/final-recommendations-report/

[9] Anne-Catherine Husson-Traore, « Reporting climat des entreprises : la TCFD pose le cadre international », Novethic (3 juillet 2017), en ligne :

http://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/reporting-climat-des-entreprises-la-tcfd-pose-le-cadre-international-144588.html

[10] Supra note 7 à la p 14.

[11] Ibid à la p 26.

[12] Supra note 4.

[13] Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, JO, 13 juillet 2010, 12 905.

[14]Anne-Catherine Husson-Traore, « L’essentiel sur l’article 173 de la loi TEE », Novethic (avril 2016) en ligne :

http://www.novethic.fr/fileadmin/user_upload/tx_ausynovethicetudes/pdf_complets/Essentiel-art-173-Novethic-2016.pdf

[15] Centre de recherche de Novethic, 173 nuances de reporting : Focus sur les investisseurs institutionnels français, (2017), en ligne :

http://www.novethic.fr/fileadmin/user_upload/tx_ausynovethicetudes/pdf_complets/173-nuance-de-reporting_web.pdf

[16] France, Autorité des Marchés Financiers, Rapport sur l’investissement responsable dans la gestion collective, (2017), à la p 25, en ligne :

http://www.amf-france.org/Publications/Rapports-etudes-et-analyses/Epargne-et-prestataires?docId=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F2e257eee-d2e0-4a99-9264-4b3311073060

[17] Ibid.

[18] Supra note 6.

[19] Voir notamment Ordonnance n° 2017-1180 du 19 juillet 2017, JO, 21 juillet 2017 et Décret n° 2017-1265 du 9 août 2017, JO, 11 août 2017.

[20] Voir par ex Irina Parachkévova, « D’un reporting à l’autre : où va l’entreprise ? » (2017) 10 BJS 585 ; Benoît Petit, « Reporting RSE : un nouveau coup d’épée dans l’eau… » (2014) 7 Environnement 12.

Base documentaire doctrine Nouvelles diverses

Fractionnement d’actions : un rappel utile

Bonjour à toutes et à tous, le Journal de Montréal revient sur le fractionnement d’actions : « Avantageux, le fractionnement d’actions? » (18 février 2017). Un billet synthétique intéressant pour les étudiants du cours de Droit des sociétés par actions (DRT-2006).

S’il y a des dangers, il y a aussi des avantages bien résumés par l’auteur en ces termes :

 

Mais, parfois, le fractionnement est réellement payant, car la magie d’un titre moins cher attire réellement les investisseurs, faisant mousser rapidement sa valeur. Ce fut souvent le cas avec les banques canadiennes et quelques titres technos, comme Google et Apple… Je me souviens aussi d’avoir acheté des actions du Canadien Pacifique en 2001, juste avant qu’il soit scindé en quatre sociétés cotées, PanCanadian Energy, CP Ships, Fairmount Hotels, Fording Coal et CP Rail. Chacun de ces titres a rapidement dégagé un rendement plus important que si le CP était demeuré un conglomérat.

 

À la prochaine…

Ivan Tchotourian

engagement et activisme actionnarial Gouvernance Normes d'encadrement

Vers plus de missions RSE pour les investisseurs

Dans un article d’Option finance en date du 1er décembre 2017 (ici), j’ai appris que selon une étude menée par la société de gestion Sycomore et Viavoice auprès de 300 dirigeants, 67 % d’entre eux estiment que les investisseurs doivent avoir un rôle dans la stratégie sociale, sociétale ou environnementale de l’entreprise. Parmi les missions qui pourraient leur être confiées, s’assurer du bien-être des salariés et du partage des richesses arrive en priorité, devant la gestion de l’orientation globale de la stratégie sociale d’entreprise et l’accompagnement RSE.

À la prochaine…

Ivan Tchotourian

Gouvernance mission et composition du conseil d'administration Normes d'encadrement

Président d’un CA : quel rôle ?

Le quotidien français Les Échos.fr revient sur le rôle du président d’un conseil d’administration dans un article publié le 15 février 2018 : « À quoi sert le président du conseil d’administration ? ». Cet article expose le dernier travail de l’Institut français des administrateurs de sociétés.

 

Extrait :

Le président semble donc maître de l’ordre du jour des travaux du conseil d’administration et garant de son bon fonctionnement. Compte tenu des prérogatives générales du conseil d’administration concernant la stratégie de l’entreprise, mais aussi en matière de gouvernement d’entreprise, la maîtrise de l’agenda du conseil d’administration confère en pratique au président un rôle assez important, et celui-ci dispose de champs d’influence importants qui ont un impact sur l’efficacité du conseil et la performance de la société.
(…) L’Institut Français des Administrateurs s’est également saisi de la question. Dans un rapport présenté le 26 janvier dernier, l’IFA a présenté les résultats des travaux menés par un groupe de travail sur le rôle du président de conseil d’administration. Le rapport suggère également de décrire plus précisément le rôle du président du conseil au sein des codes de gouvernement d’entreprise, ainsi que dans les règlements intérieurs des conseils d’administration.
Il va plus loin, en recommandant un certain nombre de bonnes pratiques en cas de gouvernance dissociée, notamment que le président ne soit ni un rival, ni un « père dominateur », ni un allié compatissant du directeur général. Il suggère également d’établir une charte définissant les rôles respectifs du dirigeant effectif et du président non exécutif, y compris en période de crise. Il invite le président et le directeur général à se rencontrer régulièrement et au moins mensuellement, et à aborder de façon transparente tous les sujets importants, y compris ceux qui fâchent. Enfin, le rapport souligne que le président doit recevoir suffisamment de documents internes pour être bien informé de la marche et des projets de la société.

 

À la prochaine…

Ivan Tchotourian

Nouvelles diverses

Panéliste à « Où va votre argent ? »

« Où va votre argent ? » Je serais un des panélistes à cet événement organisé par la Chaire publique Aeliés / Cogito et AELIÉS le 26 février.

 

Panama papers, paradis fiscaux, dettes publiques… on a souvent l’impression que l’argent qui provient des contribuables fait l’objet de nombreux détournements sur lesquels on ne semble pas avoir d’emprise. Est-ce aussi catastrophique qu’on le croit? L’État québécois se fait-il littéralement ‘ »voler »?

D’un autre côté, on parle beaucoup des hauts salaires des dirigeants d’entreprise, en même temps qu’on essaie de vouloir augmenter le salaire minimum. Faudrait-il un salaire maximum?
Quels sont les droits et quelles sont les responsabilités des entreprises? Et quand on parle de finances responsables, quels sont les critères qui déterminent des gestes souhaitables autant pour les dirigeants que pour les détenteurs d’actions?

Voilà les grands thèmes que nous aborderons dans cette soirée avec nos 4 panélistes. Comme d’habitude, vous aurez l’occasion de poser vos questions et d’échanger avec nos experts.

Entrée libre. Merci de signaler votre présence via cet événement Facebook.

Panélistes:

Alain Deneault (auteur)
Claudia Champagne (Université de Sherbrooke / École de gestion)
Ivan Tchotourian (Université Laval / Droit)
Ronald Cameron (Attac-Québec)

Animation: Milène Lokrou

 

Pour plus d’information, rendez-vous au lien suivant : https://www.facebook.com/events/243452589527866/

 

À la prochaine…

Ivan Tchotourian

Gouvernance mission et composition du conseil d'administration

Comité de nomination : à quoi ressemblent-ils en France ?

Bonjour à toutes et à tous, dans le journal Option finance, Mme Valérie Nau propose un article intéressant la gouvernance d’entreprise : « Qui préside les comités de nomination ? » (16 février 2018).

Extrait :

 

Le comité de nomination a longtemps été le parent pauvre de la corporate governance. (…) En conséquence, il était plus valorisant pour un administrateur d’appartenir au comité d’audit ou au comité stratégique. Mais, au fil des années, les sujets liés aux rémunérations, au say on pay, à la succession du dirigeant… sont montés en puissance, et, avec eux, l’influence de ce comité, de plus en plus fréquemment consulté sur les nominations de l’ensemble des dirigeants exécutifs.

(…) Cette évolution explique sans doute que sa présidence soit confiée à des professionnels aguerris et de haut niveau. C’est ce que montre une étude récente réalisée par Didier Vuchot Consultants qui, après avoir passé au crible le profil des présidents des comités d’audit du CAC 40 et du Next 20, vient de faire de même pour les comités de nomination.

(…) Preuve de l’importance de la fonction, 23 % des présidents des comités de nomination sont des dirigeants exécutifs (P-DG, directeurs généraux…) d’une autre entreprise, tandis que 43 % sont d’anciens dirigeants.

(…) Par ailleurs, l’étude montre que 90 % des présidents des comités sont indépendants.

(…) Si le rôle du comité de nomination a gagné en importance, les rémunérations sont très variables d’un groupe à l’autre : les jetons de présence s’échelonnent ainsi entre 20 667 et 380 000 euros.

 

À la prochaine…

Ivan Tchotourian