Gouvernance Responsabilité sociale des entreprises Structures juridiques
L’entreprise à mission en danger
Ivan Tchotourian 20 mars 2025
Dans un article publié aujourd’hui, le journal Le Monde livre une information inquiétante pour les entreprises à mission : « Ben & Jerry’s : « Le fabricant de glaces et son conseil indépendant, tout comme les entreprises à mission, ne sont plus dans l’air du temps » ».
Résumé
Unilever, qui possède la chaîne de glaces, a limogé le patron de Ben & Jerry’s le 3 mars. En réaction, cette dernière a porté plainte contre sa maison mère, mercredi 19 mars. C’est loin d’être la première fois que cette instance poursuit son propriétaire en justice. Les deux entreprises sont en conflit depuis 2021, à la suite de la décision du glacier de se retirer en partie d’Israël, en signe de protestation contre la situation dans les territoires occupés.
À la prochaine…
Gouvernance Nouvelles diverses
Dirigeant européen : qui est-il ?
Ivan Tchotourian 20 mars 2025
Le quotidien français Les Échos.fr propose un portrait-robot du dirigeant d’entreprise européenne (20 mars 2025).
Plutôt des hommes ou des femmes ? Recrutés en interne ou en externe ? … Le cabinet d’« Executive Talent Advisors » de Beyond Associés a passé en revue les principales caractéristiques des chefs des entreprises du Stoxx 600. « Les Echos » en livrent les conclusions en exclusivité.
À la prochaine et bonne lecture…
Gouvernance Nouvelles diverses
Elgar Encyclopedia of Corporate Governance
Ivan Tchotourian 20 mars 2025
Nouvel ouvrage qui intéressera nos lectrices et lecteurs : l’encyclopédie de la gouvernance. C’est publié chez Edward Elgar…
Résumé :
With 163 authoritative entries providing definitive explanations and critiques of the fundamental principles and practices of corporate governance, this timely Encyclopedia is a comprehensive overview of the economic, political, social, legal and environmental impacts of corporations across the globe.
Bringing together almost 100 leading experts, the Encyclopedia addresses the meaning and purpose of corporate governance and how this term has evolved over time. Philosophical perspectives on corporate governance, as well as its origins and history are laid out, alongside critical theories and methodologies on governance. The Encyclopedia then examines different aspects of governance related to governance regimes, neoliberalism, finance, accounting and corporate reporting, law and regulation, strategy and forms of governance. Board processes and performance, leadership in the boardroom, board directors and board diversity are explained. Focus is drawn to emerging societal problems and crises related to corporate governance and how these have been addressed by different institutions, such as digital era governance, corporate social responsibility and corporate sustainability and regeneration of the natural world.
The Elgar Encyclopedia of Corporate Governance is an essential reference source for academics, researchers and students of business and management, economics and finance and environmental studies. Professionals and policymakers working in the sectors of corporate governance, corporate social responsibility, management and sustainability and strategic management will also find this to be an indispensable reference work.
À la prochaine…
Gouvernance
Une vidéo : Éthique et diversité : Quels défis pour les organisations ?
Ivan Tchotourian 20 mars 2025
Belle vidéo sur la chaîne Youtube de l’Institut d’éthique appliquée (IDÉA).
La diversité devient, de plus en plus, un impératif commercial pour les organisations. Pour certaines, il s’agit même d’une priorité en termes de justice sociale et d’équité. Quels sont les défis éthiques auxquels sont confrontées les organisations formelles (notamment les entreprises des secteurs public et privé) et informelles (notamment les mouvements sociaux) lorsqu’elles abordent les questions de diversité ?
Conférenciers :
- Alessandro Ghio, ULaval
- Nathanielle Morin, conseillère politique au ministre de la Santé du Canada
- Mahya Ostovar, professeure de Business Information Systems à NUI Galway en Irlande, cofondatrice de la campagne #LetUsTalk
- Céline Manoël, Directrice Principale Inclusion et Diversité – Banque Nationale du Canada
À la prochaine…
finance sociale et investissement responsable Responsabilité sociale des entreprises
Un rapport sur l’écoblanchiment dans la finance
Ivan Tchotourian 20 mars 2025
Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) a publié en octobre un rapport intitulé Écoblanchiment dans le secteur financier : L’heure est à la transparence et à la responsabilité. Ce rapport inédit met en lumière les risques croissants liés à l’écoblanchiment dans le secteur financier au Québec et au Canada et formule 26 recommandations concrètes destinées à améliorer la transparence et la responsabilité environnementale des institutions financières et des gouvernements.
Au cours des dernières années, le secteur de la finance durable et de l’investissement socialement responsable (FDISR) a connu une croissance exponentielle, poussée par une demande accrue des investisseurs de s’engager en faveur d’un avenir durable, et par de nouvelles exigences réglementaires dans le même sens.
Accéder ici au Rapport du CQDE sur l’écoblanchiment financier
À la prochaine…
Gouvernance mission et composition du conseil d'administration Normes d'encadrement
Éthique et haute direction : et le contexte ?
Ivan Tchotourian 19 mars 2025
Belle lecture proposée par la revue Gestion par Kevin J. Johnson et Joé T Martineau : « L’éthique et la haute direction : L’influence du contexte organisationnel ».
Extrait :
C’est bien connu, le travail des équipes de la haute direction est extrêmement exigeant. Actionnaires et décideurs s’attendent à ce qu’elles assurent un rendement élevé aux entreprises. Or, pour obtenir de tels résultats dans un marché hautement concurrentiel, il peut être tentant d’utiliser des données confidentielles afin de conférer un avantage concurrentiel à son organisation ou dans le but d’obtenir un gain personnel. Ces agissements peuvent mener à divers problèmes d’ordre éthique, notamment de la concurrence déloyale, de l’espionnage industriel et des délits d’initié.
La question est donc la suivante : d’où viennent ces comportements de la part de certains hauts gestionnaires ? L’étude2 que nous avons réalisée tend à démontrer que plusieurs mécanismes sont à l’œuvre et tirent leur origine du contexte organisationnel. Ainsi, les dirigeants qui détournent (ou non) des renseignements privilégiés seraient en grande partie influencés par la façon dont ils perçoivent le sens éthique de leurs collègues, par la cohésion de leur équipe de travail et par la performance financière de leur organisation.
Éthique, cohésion et performance
Comme plusieurs chercheurs l’ont démontré avant nous, les gens sont en grande partie le produit du milieu où ils évoluent. Ils agissent en concordance avec ce qu’ils y observent et en fonction des attentes d’autrui. Un contexte organisationnel donné peut donc encourager ou décourager les comportements non éthiques. Par conséquent, plus les membres d’une équipe de hauts dirigeants perçoivent leurs collègues comme des gens intègres qui agissent comme tels, moins ils ont tendance à se comporter de façon douteuse. La pression de la conformité produit ainsi son effet sur l’ensemble du groupe. Mais ce n’est pas tout : la cohésion est considérée comme un facteur qui a un effet déterminant sur le comportement des hauts gestionnaires. On peut définir la cohésion comme la dynamique qui unit les gens au sein d’un groupe. Elle repose entre autres sur l’implication et sur la fierté ressentie à l’idée d’en faire partie. La crainte d’être rejeté ou ostracisé réduit par ailleurs la propension d’une personne à adopter une attitude contraire aux normes et aux règles du groupe. Cette logique s’applique aussi aux comportements négatifs : si des dirigeants tolèrent ou approuvent des agissements non éthiques, leurs collègues peuvent y voir de l’encouragement à agir de la même manière.
Ainsi, une culture d’entreprise qui valorise la performance individuelle, par exemple au moyen de bonis attribués en fonction du rendement, peut avoir des répercussions négatives sur le comportement du personnel. À l’inverse, une culture collaborative a presque toujours des effets positifs, pour autant que l’éthique fasse partie des valeurs du groupe.
Qu’en est-il de la performance au sein de la haute direction ? De quelle façon peut-elle influer sur les comportements ? Certains auteurs estiment que les exigences en matière de performance favorisent l’adoption de comportements non éthiques de la part des dirigeants, par exemple l’utilisation illicite d’information privilégiée à la suite de résultats décevants.
Toutefois, notre étude révèle que la performance joue un rôle modérateur plutôt que d’avoir un effet direct. En d’autres mots, plus la performance de l’organisation est bonne, plus le renforcement de la cohésion et du sens de l’éthique chez les membres de la haute direction les dissuade de commettre des actes répréhensibles. En effet, de tels comportements peuvent nuire à toute l’équipe, qui a donc tendance à rejeter un membre qui s’est rendu coupable de tricherie. À l’inverse, le pire scénario peut se concrétiser même lorsque la performance organisationnelle est bonne. En effet, les comportements les plus inacceptables peuvent survenir quand la cohésion et le sens de l’éthique sont très faibles dans une équipe : personne ne craindra d’en être exclu à cause d’actes répréhensibles. Chacun aspirera donc à être le « héros du jour » et agira dans ce but. Enfin, une faible performance organisationnelle a peu d’effet sur la probabilité que de tels gestes soient commis ou non par les dirigeants.
L’encouragement des comportements éthiques
Au regard de ces constats généraux, quelle stratégie les organisations peuvent-elles adopter pour décourager les comportements non éthiques ? Cette question est cruciale, car la survie des entreprises peut en dépendre, comme l’a démontré l’affaire Enron. Jusqu’à présent, les entreprises ont généralement privilégié la voie déontologique, notamment en adoptant une réglementation plus contraignante afin de mieux encadrer les pratiques organisationnelles. Pourtant, il existe d’autres moyens.
Tout d’abord, notre étude montre à quel point il est important d’encourager les comportements éthiques au sein d’une organisation. On peut y parvenir en favorisant une culture organisationnelle fondée sur des normes et des valeurs qui ont un effet positif sur la dynamique et sur la culture de l’équipe de direction. Ainsi, les dirigeants devraient renforcer la culture organisationnelle en y intégrant des composantes à caractère éthique, par exemple en accordant des bonis et des récompenses à une équipe plutôt qu’à des individus afin de renforcer la cohésion du groupe.
En ce qui concerne le processus d’embauche, on peut le doter d’une analyse du potentiel d’intégration des candidats au sein de l’entreprise en tenant compte de leurs valeurs sur le plan éthique. Autre piste à suivre : la formation des dirigeants actuels et futurs devrait comporter un volet sur la compréhension des questions éthiques et juridiques relatives à l’utilisation de renseignements protégés. Au bout du compte, toute action favorable à l’instauration d’un climat éthique au sein d’une organisation aura un effet positif sur les agissements du personnel. Des auteurs rappellent d’ailleurs qu’un véritable leadership éthique consiste non seulement à prêcher par l’exemple mais aussi à traiter les employés avec respect et dignité, à leur communiquer des valeurs d’intégrité et à récompenser les comportements éthiques.
Néanmoins, ces mesures s’avéreront insuffisantes si une attention particulière n’est pas apportée à la cohésion des équipes de direction. Dans cette optique, les hauts dirigeants ont tout intérêt à renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe en suscitant un climat d’inclusion et de confiance. Ils doivent aussi se montrer plus ouverts aux idées des membres de leurs diverses équipes. Les activités de consolidation d’équipe (team building) contribuent également au développement d’un fort sentiment d’appartenance.
Toutefois, l’amélioration de la cohésion doit être accompagnée d’autres mesures lorsque l’équipe tolère, voire encourage, les comportements répréhensibles. Dans ces circonstances, il est essentiel de travailler parallèlement au déploiement d’une véritable culture de l’éthique à l’échelle des équipes.
En résumé, tout dirigeant qui souhaite favoriser les comportements éthiques dans son organisation doit être très vigilant en ce qui concerne à la fois les dynamiques à l’œuvre entre les hauts dirigeants et la cohésion au sein des équipes dont ceux-ci sont responsables. Il lui faut aussi veiller au grain en ce qui a trait au comportement de tous les membres de son équipe de direction et s’assurer que les nouvelles recrues jouissent d’une réputation d’intégrité exemplaire.
À la prochaine…