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Nouveau rapport de l’IGOPP sur les entrées en bourse
Ivan Tchotourian 9 août 2024
Bravo à l’IGOPP qui vient de publier un nouveau rapport portant sur les entrées en bourse : « Entrée en bourse, un rêve du passé ? » (16 juillet 2024). Une belle occasion d’aborder le capital-actions à classe multiple.
- Pour accéder au rapport : cliquez ici
Résumé :
Au Canada, l’année 2023 fut famélique en matière de nouvelles sociétés procédant à un premier appel public à l’épargne (PAPE) sur le principal marché boursier, le TSX. En effet, une seule société, Lithium Royalty Corp., a procédé à une telle opération, levant ainsi environ 150 M $ en mars 2023. Plus d’un an plus tard, au terme du mois de juin 2024, aucune nouvelle société conventionnelle[1] n’a depuis été introduite par voie de PAPE sur le TSX. Il s’agit d’une période anormalement longue, voire historique.
« Les marchés publics sont un grand facteur d’égalisation économique, ce qui permet aux petits épargnants, soutenus par des protections appropriées pour les investisseurs, de participer directement à la croissance de l’économie » (Groupe de travail sur la modernisation relative aux marchés financiers, 2021). Des études montrent que la taille du marché des capitaux d’un pays est positivement corrélée à son développement économique (mesuré par le taux de croissance réel à long terme du PIB par habitant), et que, dans le cas des marchés boursiers, la relation est estimée à 1 pour 1 (Kaserer et Rapp, 2014). Des marchés en santé et attrayants sont essentiels, car ils favorisent également l’innovation, la diversification de l’économie, un plus grand partage de la richesse créée tout en rendant l’économie d’un pays plus robuste aux chocs (European IPO Task Force, 2020).
Pour les entrepreneurs, les avantages d’une introduction en bourse sont nombreux. Il s’agit bien sûr d’abord d’un moyen de financer la croissance, mais aussi d’améliorer la notoriété de la marque et la réputation (Pešterac, 2020). Les exigences de conformité imposées par les régulateurs et les opérateurs boursiers confèrent une forte crédibilité aux entreprises, ce qui facilite grandement le recrutement et la rétention des employés et dirigeants. C’est aussi un avantage indéniable lors de la négociation auprès de fournisseurs locaux et étrangers.
Bien sûr, une introduction en bourse s’accompagne inévitablement de coûts additionnels liés aux exigences associées à la divulgation publique de renseignements et autres obligations de conformité, sans compter les risques associés aux tentatives hostiles de prise de contrôle ou encore de devoir composer avec une attaque d’un actionnaire activiste. Le Tableau 1 reprend certains des arguments favorables et défavorables les plus fréquemment soulevés pour justifier une introduction – ou non – en bourse.
À la prochaine…
actualités canadiennes Nouvelles diverses
La performance des sociétés canadiennes contrôlées inscrites au S&P/TSX : du bon pour la RSE et l’ESG
Ivan Tchotourian 25 octobre 2023 Ivan Tchotourian
L’IGOPP produit des rapports intéressants… à son habitude. Celui du 13 octobre 2023 n’y déroge pas. Il est intitulé : « La performance des sociétés canadiennes contrôlées inscrites au S&P/TSX ».
Quel bilan est fait ?
De façon générale, à la suite de la revue approfondie des études récentes, celles-ci tendent à confirmer :
- Un effet favorable du maintien du contrôle sur la capacité d’innovation des firmes et
une meilleure qualité d’information financière (incluant l’utilité prédictive des données)
divulguée par les sociétés contrôlées;
- Une plus importante longévité des firmes contrôlées comparativement à leurs homologues
à une action-un vote ;
- Un engagement plus prononcé des firmes contrôlées par des familles envers les
critères sociaux et environnementaux, et que cet engagement était observable bien avant
que l’investissement qualifié de «responsable » ne devienne une dimension incontournable et
donc bien avant la popularité de l’acronyme « ESG»;
- Qu’il n’y a aucun appui péremptoire à l’hypothèse que les structures DCA nuisent à la
valeur de l’entreprise;
- Que les sociétés canadiennes contrôlées, incluant celles avec une structure DCA, montrent des
rendements totaux pour les actionnaires à long terme supérieurs à ceux de leurs homologues à
actionnariat diffus;
- Que les actions des sociétés contrôlées tendent à afficher une volatilité moins grande,
et offrent donc un niveau de risque inférieur pour les investisseurs;
- Que devant l’évidence de résultats financiers supérieurs pour les sociétés avec DCA, le débat s’est
déplacé de plus en plus vers l’imposition de clauses crépusculaires visant à restreindre le maintien
du contrôle à un horizon temporel prédéterminé. À cet égard, les discussions sont davantage
de nature théorique et difficilement appuyées de façon empirique. Néanmoins, on retient de
l’argumentaire que la volonté de maintien de contrôle repose d’abord et avant tout sur la capacité
de donner et d’exécuter une vision à long terme à l’organisation, et que l’imposition d’une limite
de temps – surtout rapprochée – vient s’opposer à cette qualité première de facto.
Notre propre étude comparative a également permis de dégager plusieurs constats:
- Au niveau de la performance de l’action, nos résultats appuient ceux des études recensées
et démontrent que les sociétés contrôlées canadiennes du S&P/TSX affichent un
rendement total pour les actionnaires à long terme supérieur à leurs homologues non
contrôlées ;
- Après comparaison d’échantillons de sociétés appariées selon le système de classification des
industries, les sociétés contrôlées canadiennes du S&P/TSX affichent un meilleur indice
de risque ESG non géré que leurs pairs non contrôlés, et ce, malgré le fait que l’indice soit
biaisé en défaveur des sociétés contrôlées;
- On observe que, depuis plus d’une dizaine d’années, et plus particulièrement lors de l’année
de référence 2021, les sociétés contrôlées canadiennes du S&P/TSX affichent un score
environnemental «E» supérieur à celui des sociétés non contrôlées ;
- En aucun temps depuis 10 ans peut-on affirmer que les sociétés non contrôlées sont supérieures
aux sociétés contrôlées en matière de rendement social selon le score « S »;
- Sans véritable surprise, puisque le fait d’être contrôlé (particulièrement à l’aide d’une structure
DCA) a une conséquence négative sur la mesure «G» des différents scores, les sociétés contrôlées
sont évaluées – selon le catéchisme des agences de mesure de la gouvernance – comme étant
moins bien gouvernées que leurs pairs à actionnariat diffus. L’effet net du score «G» sur les scores
combinés ESG vient biaiser les résultats totaux et dépeint une image défavorable et injuste des
sociétés contrôlées.
À la prochaine…
actualités canadiennes Divulgation Gouvernance Normes d'encadrement rémunération
Rémunération dans les sociétés d’État : où est la transparence ?
Ivan Tchotourian 3 octobre 2019 Ivan Tchotourian
« Il faut plus de transparence sur la rémunération des p.-d.g. de sociétés d’État, affirme l’IGOPP », c’est sous ce titre que François Desjardins revient dans Le Devoir sur le rapport de l’IGOPP sur les sociétés d’État et la situation en matièere de rémunération dans ces sociétés.
Extrait :
« Les entreprises inscrites en Bourse donnent beaucoup d’information sur la rémunération. Je ne vois pas en quoi on ne peut pas fournir une information aussi abondante, aussi complète pour les dirigeants des sociétés d’État », a affirmé en entrevue Yvan Allaire, président exécutif du conseil de l’IGOPP.
Dans son rapport, l’IGOPP écrit notamment que les « critères utilisés pour établir la rémunération et autres conditions de travail des p.-d.g. ne sont presque jamais divulgués dans les documents rendus publics par les sociétés [23 sociétés sur 24] ».
L’IGOPP recommande au gouvernement de s’assurer que toutes les sociétés publient ces critères et d’envoyer aux sociétés les « lignes directives claires » qui encadreraient les informations à divulguer au sujet de la rémunération des dirigeants les mieux payés, dont les primes de départ.
À la prochaine…