Gouvernance Nouvelles diverses place des salariés
Actionnariat-salarié : un contrepoids plus que la performance
Ivan Tchotourian 4 octobre 2017
Dans un billet publié sur LinkedIn, Mme Hautefort revient sur l’actionnariat-salarié et sa raison d’être : « Entreprises à fort actionnariat salarié : et si c’était le partage du pouvoir qui générait cette prime boursière ? » (3 octobre 2017).
La France est championne d’Europe de l’actionnariat salarié, et les sociétés à actionnariat salarié surperforment en bourse : +60% vs CAC 40 depuis début 2017. Mais où est leur secret ? Elles ne démontrent aucune différence factuelle avec les autres sociétés : c’est ce que révèle l’Enquête de l’Hebdo des AG cette semaine, à partir de l’étude de plus de 450 sociétés. La performance financière est comparable : les salariés ne sont ni plus ni moins productifs suivant qu’ils sont, ou non, actionnaires de leur société. Le climat social est aussi comparable : les salariés ne sont ni plus ni moins heureux au travail quand ils sont actionnaires. Un camouflet en apparence, pour les « pères » de l’actionnariat salarié. Dès 1967, ce dispositif a été conçu, au départ, comme une nouvelle façon de créer de la richesse en réconciliant capital et travail.
Reste le fait boursier : compter des salariés au capital est aux yeux des marchés un atout fort. Notre conviction est qu’ils ont raison. Ils perçoivent dans l’actionnariat salarié un autre levier, qui ne relève pas de l’alignement des intérêts entre capital et travail, au contraire. De la même façon, ils ont plébiscité le fait de compter dans le Conseil d’Administration un administrateur salarié (pas forcément, même rarement, représentant des actionnaires salariés) – alors que les managements, pour la plupart, étaient réticents. Le ressort est le même : l’actionnariat salarié comme l’administrateur salarié sont valorisés par les marchés comme un contrepoids possible au management, en cas de situation sensible. Un paradoxe, quand les « proxy » tels ISS refusent de compter les administrateurs salariés comme indépendants.
Enseignement important à souligner :
Les faits, pourtant, donnent raison aux investisseurs et aux marchés. L’actionnariat salarié peut se révéler un allié important pour un activiste.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Gouvernance Nouvelles diverses Structures juridiques
Acquisition de Jean Coutu par Métro : prenons de la distance
Ivan Tchotourian 4 octobre 2017
Bonjour à toutes et à tous, éditorial intéressant : « Metro-Jean Coutu: un mariage d’adultes » (Le Devoir, 4 octobre 2017). M. Sansfaçon apporte un éclairage sur les aspects positifs de l’acquisition du Groupe Jean Coutu par Metro au coût de 4,5 milliards arrive au bon moment, mais aussi sur les aspects négatifs.
Cela dit, si cette transaction est la bienvenue dans le contexte actuel de la concurrence, elle n’est pas, en elle-même, un gage de succès pour l’avenir. Le marché du détail est frappé de plein fouet par la révolution Internet.
L’entente intervenue récemment entre le gouvernement Trudeau et Netflix laisse craindre le pire pour les commerçants, qui doivent affronter des multinationales étrangères comme Amazon. De plus en plus de produits vendus traditionnellement dans les pharmacies et les supermarchés sont aujourd’hui disponibles en ligne à prix inférieurs, sans frais de livraison et parfois même sans taxes.
Metro et GJC risquent de perdre rapidement des plumes si elles ne prennent pas à leur tour un virage Web approprié à leur secteur. Espérons que les gouvernements, celui d’Ottawa en particulier, sauront les appuyer en évitant à tout le moins d’accorder des privilèges fiscaux et réglementaires à tous les Netflix et Amazon de ce monde qui leur font les yeux doux.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Gouvernance Nouvelles diverses
Impertinent : Les P.-D.G. endormiraient-ils tout le monde ?
Ivan Tchotourian 28 septembre 2017
Billet de Mme Diane Bérard qui a suscité ma curiosité : « PDG: cessez d’endormir le monde! » (Les affaires.com, 16 juin 2017).
Un PDG doit savoir combiner ce qu’il juge important et ce que son interlocuteur estime intéressant. Les bons communicateurs intègrent l’information qu’ils souhaitent passer à travers des histoires captivantes.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
engagement et activisme actionnarial Gouvernance Nouvelles diverses
Eviter les entreprises qui bâillonnent les actionnaires : vers un actionnariat responsable
Ivan Tchotourian 28 septembre 2017
La possibilité de participer aux débats n’est pas une caractéristique essentielle de la seule démocratie: elle est également cruciale pour la qualité de la gouvernance dans les entreprises cotées en Bourse. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas dans la pratique.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Normes d'encadrement rémunération
Rémunération des hauts-dirigeants : bilan des travaux de l’IFA
Ivan Tchotourian 26 septembre 2017
La journaliste Valérie Landrieu a publié un article intéressant dans Les Échos.fr intitulé : « Rémunération du dirigeant : « S’assurer de la cohérence et de l’acceptabilité » » (15 mai 2017). Cet article expose la position prise récemment par l’IFA…
Petit extrait :
Le rôle du comité de rémunérations est essentiel : il doit être proactif dans l’élaboration de la politique de rémunération (recommandation 26), et donc disposer de l’information nécessaire (recommandation 22); il doit s’assurer du lien avec la performance, notamment en pilotant le benchmark (recommandation 5), et bien sûr, dans les sociétés cotées, prendre en compte les attentes des actionnaires exprimées lors du Say-on-Pay (recommandation 25).
(…) Dans les points d’attention et les recommandations du vademecum, il est indiqué que le comité de rémunérations doit s’assurer de la cohérence interne et de l’acceptabilité externe de la rémunération, et il doit bien sûr veiller à ce que la rémunération soit justifiée et expliquée au regard des performances du dirigeant et de l’entreprise.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
engagement et activisme actionnarial Gouvernance normes de marché
Fonds d’investissement et ESG : les investisseurs institutionnels s’énervent !
Ivan Tchotourian 25 septembre 2017
En Angleterre, les investisseurs institutionnels font monter la pression sur les fonds d’investissement leur reprochant de ne pas assez prendre en compte l’environnement et le sociétal dans les choix d’investissement faits : « Consultants pressure pension funds over ethical investment » (Financial Times, 25 septembre 2017).
Twelve large investment consultants have joined forces to increase pressure on pension funds that are not taking environmental, social and governance (ESG) factors into account when making investment decisions.The group of consultants, which includes the big three of Willis Towers Watson, Mercer and Aon Hewitt, advise on close to £1.6tn of pension and insurance assets in the UK alone and have huge influence over the investment decisions of asset owners. They have signed a letter agreeing to issue briefings, hold training sessions and advise pension funds about responsible investment after a warning from the UK pensions regulator this year.
According to the regulator, savers face long-term financial risks because trustees are failing to take climate change, responsible business practices and corporate governance into account when making investments.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
engagement et activisme actionnarial Gouvernance normes de marché
Capital-actions à classe multiple : Facebook renonce
Ivan Tchotourian 25 septembre 2017
Les multiples catégories d’actions font à nouveau parler d’elle dans le cas de Facebook : « Actionnariat de Facebook : Mark Zuckerberg renonce face à Wall Street » (Le Monde, 25 septembre 2017). Intéressant cas de gouvernance où les investisseurs ont réussit à modifier la stratégie du dirigeant et le contraindre à renoncer à la création d’une nouvelle catégorie d’action sans droit de vote. Si certains soulignent l’aspect positif du capital-actions à classe multiple, d’aucuns dénoncent celles-ci notamment les investisseurs…
Vendredi 22 septembre, le patron du réseau social a renoncé à son projet d’émission d’une troisième catégorie d’actions dépourvues de droit de vote, qui devait lui permettre de financer sa fondation philanthropique, tout en conservant le contrôle de l’entreprise. Cet abandon inattendu pourrait marquer un coup d’arrêt pour cette pratique décriée par les investisseurs de Wall Street. Annoncée en avril 2016, la création de ces nouvelles actions était au cœur d’une class action (« action en nom collectif »).
À la prochaine…
Ivan Tchotourian