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autres publications normes de marché
L’ISR continue de croître en France
Ivan Tchotourian 1 juin 2016
Sur LinkedIn, Dominique Blanc de Novethic m’apprend que « L’ISR de conviction doit gagner du terrain ». Il profite de cette tribune pour revenir sur la dernière étude de Novethic en matière d’ISR.
Les chiffres de l’investissement responsable français publiés aujourd’hui par le centre de recherche de Novethic témoignent d’une nouvelle progression, près de 30 %. Il représente aujourd’hui quasiment 750 milliards d’euros gérés par une cinquantaine de sociétés de gestion françaises dont les plus grosses et détenus par une douzaine d’investisseurs institutionnels.
L’investissement responsable pèse à présent suffisamment lourd pour se demander jusqu’où il fait la différence en fléchant les investissements vers les entreprises les mieux disantes en termes environnementaux et sociaux, au-delà de leurs performances économiques. Pour répondre à cette question, le centre de recherche de Novethic a, pour la première fois, présenté ces chiffres en basant son analyse sur la mesure de l’impact des démarches d’investissement responsable sur les choix de gestion et la composition des portefeuilles. Son enquête montre que pour trois quarts des encours, l’impact reste limité. Il ne faut pas minimiser l’importance de ces pratiques d’investissement responsable. Elles permettent de donner de la valeur à l’analyse des entreprises qui ne repose pas exclusivement sur des données financières mais tente d’évaluer les dimensions ESG (Environnementale, Sociale et de Gouvernance) de leurs métiers.
L’enquête de Novethic quantifie pour la première fois l’ISR de conviction, celui qui assume jusqu’au bout des choix fondés sur une analyse ESG discriminante.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
rémunération
Des rémunérations trop court-termistes ?
Ivan Tchotourian 1 juin 2016
L’IGOPP livre une belle tribune au journal Le Monde revenant sur l’aspect trop financier des rémunérations des dirigeants : « « Les modes de rémunération des dirigeants » sont « arrimés à des mesures strictement financières » de court terme ». Les auteurs en profitent pour critiquer la politique du rachat d’actions.
Lors du dernier exercice financier complété, près des trois quarts des sociétés du CAC40 ont procédé à un rachat d’actions. Ces rachats, pour une valeur de quelque 10,7 milliards d’euros, représentaient en moyenne 23 % des bénéfices annuels de ces sociétés. De même, 75,6 % des entreprises américaines du S & P500 ont racheté des actions au cours du quatrième trimestre 2015, selon FactSet.
Plusieurs raisons sont généralement invoquées pour justifier un rachat d’actions :
– La société estime qu’au prix actuel, son titre est sous-évalué et qu’il représente donc une aubaine ; du moins ce serait le message que la direction souhaite communiquer aux investisseurs. Cet argument semble peu plausible, puisque l’on constate que ces rachats surviennent souvent lorsque le titre se négocie à un prix proche du sommet du marché boursier (William Lazonick, Harvard Business Review, 2014) ;
– Les marchés financiers accordent une énorme importance au bénéfice par action (BPA) et à sa croissance. Or, il est possible de provoquer une hausse du BPA en réduisant le dénominateur, c’est-à-dire le nombre d’actions en circulation. Ainsi, en affectant une part importante de la trésorerie au rachat d’actions, la direction espère faire mousser (ou soutenir) le prix du titre de la société.
Le rachat d’actions par les grandes entreprises (stock buybacks) est une pratique en hausse de plus en plus commentée dans la presse spécialisée. Pour preuve, ce dernier article parut dans Lesaffaires.com du 10 avril 2016: «Wall Street dorlote ses actionnaires à coup de milliards». Ou encore, le fait que 24/7 Wall Street se soit amusé à classer les 18 entreprises américaines qui allaient dépenser le plus d’argent dans leur politique de rachat d’actions en 2016.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Structures juridiques
Les entreprises du CAC 40 rachetées en masse
Ivan Tchotourian 1 juin 2016
Bonjour à toutes et à tous, alors que le Québec se lamente parfois du rachat de ses entreprises, la France subit également une vague de rachat de ses grandes entreprises du CAC 40. Le quotidien Les Échos.fr propose une réflexion sur le sujet que je vous relaie ici : « Quand les fleurons du CAC 40 plient bagage pour l’étranger ».
En moins de deux ans, quatre sociétés du CAC 40 sont passées sous pavillon étranger. Un record. Est-ce le reflet du déclin industriel français ? Ou bien le résultat de stratégies individuelles désastreuses ?
L’annonce a frappé les esprits. Fin mai, Technip a choisi de fusionner avec le texan FMC et d’installer le siège du nouvel ensemble à Londres. Une décision qui marque le passage sous pavillon étranger d’un nouveau fleuron français, après le cimentier Lafarge, avalé par le suisse Holcim, les activités énergie d’Alstom tombées dans l’escarcelle de GE et le l’équipementier Alcatel-Lucent absorbé par le finlandais Nokia. En moins de deux ans, le CAC 40 a vu quatre de ses membres changer de nationalité. Un record… A quoi tient cette accélération ? Faut-il y voir le reflet du déclin industriel français ? Le résultat d’une stratégie désastreuse de tel ou tel manager ? Ou bien le destin malheureux d’entreprises incapables de s’adapter au grand vent de la mondialisation ? (…)
Depuis deux ans, l’écart s’est toutefois resserré. Dealogic comptabilise 43 milliards d’euros de rachats d’actifs par des entreprises étrangères en 2014-15 contre 55 milliards pour les acquisitions de groupes français hors des frontières. Ce qui ne signifie pas qu’ils aient perdu leur agressivité comme le montre le rachat d’Airgas par Air Liquide pour 12,5 milliards d’euros ou celui de Cablevision par Altice pour 15,4 milliards d’euros. Ou pour SEB, qui vient de faire la plus grosse acquisition de son histoire en Allemagne.
Est-ce à dire que les disparitions des Lafarge, Alstom Energie et autres Alcatel-Lucent n’ont rien à voir avec le déclin français ?
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
autres publications mission et composition du conseil d'administration normes de droit
Incertitudes sur les conséquences de la féminisation des CA
Ivan Tchotourian 31 mai 2016
ECGI publie un nouveau papier ECGI Finance Series 466/2016 consacré à la féminisation des CA intitulé : « Women on Boards: The Superheroes of Tomorrow? » (par Renée Adams).
Can female directors help save economies and the firms on whose boards they sit?
Policy makers seem to think so. Numerous countries have implemented boardroom gender policies because of business case arguments. While women may be the key to healthy economies, I argue that more research needs to be done to understand the benefits of board diversity. The literature faces three main challenges: data limitations, selection and causal inference. Recognizing and dealing with these challenges is important for developing informed research and policy. Negative stereotypes may be one reason women are underrepresented in management. It is not clear that promoting them on the basis of positive stereotypes does them, or society, a service.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
devoirs des administrateurs normes de droit
Conférence annuelle Paule-Gauthier : un beau succès
Ivan Tchotourian 31 mai 2016
Pour sa quatrième année, la conférence annuelle Paule Gauthier (dont j’étais le maître de cérémonie) a accueilli le professeur Martin Gelter de la faculté de droit de Fordham (États-Unis).
C’est devant une salle bien remplie d’experts, de praticiens, de professeurs et d’étudiants que Martin Gelter a partagé ses réflexions sur un sujet d’actualité en droit des affaires et des services financiers : la protection des investisseurs sur les marchés. La présentation de haut niveau de Martin Gelter a porté sur le contentieux et l’application de la réglementation en matière de valeurs mobilières dans le monde. Martin Gelter a traité en profondeur de la responsabilité civile dans le domaine des valeurs mobilières (notamment les recours collectifs) en se questionnant sur l’efficacité des recours judiciaires existants et en présentant les différences qui caractérisaient les pays ayant mis en place de tels recours.
L’intervention de Martin Gelter a été l’occasion d’échanges fructueux avec la salle et de la remise de la bourse Paule Gauthier (en partenariat avec le cabinet Stein Monast) à quelqu’un que vous connaissez bien : Jean-Christophe.
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Ivan Tchotourian
autres publications Normes d'encadrement objectifs de l'entreprise Valeur actionnariale vs. sociétale
La valeur actionnariale au rancart !
Ivan Tchotourian 31 mai 2016
Belle tribune de la professeure Lynn A Stout : « The Myth of Maximizing Shareholder Value » (OpenEdNew, 23 mai 2016).
By the end of the 20th century, a broad consensus had emerged in the Anglo-American business world that corporations should be governed according to the philosophy often called shareholder primacy. Shareholder primacy theory taught that corporations were owned by their shareholders; that directors and executives should do what the company’s owners/shareholders wanted them to do; and that what shareholders generally wanted managers to do was to maximize « shareholder value, » measured by share price. Today this consensus is crumbling. As just one example, in the past year no fewer than three prominent New York Times columnists have published articles questioning shareholder value thinking. Shareholder primacy theory is suffering a crisis of confidence. This is happening in large part because it is becoming clear that shareholder value thinking doesn’t seem to work, even for most shareholders.
Je vous laisse lire la suite…
Pour rappel, j’avais eu l’occasion de faire une recension du très bel ouvrage de Lynn A Stout dans la Revue international de droit économique – 2013/3 ((t. XXVII)) – : ici.
Lynn A. STOUT, The Shareholder Value Myth: How Putting Shareholders First Harms Investors, Corporations and the Public, Berrett-Koehler Publishers, 2012
1 – Un sujet d’une grande actualité
2 – Remise en cause de la norme de primauté actionnariale
3 – Les actionnaires d’aujourd’hui
4 – Mise en perspective de l’ouvrage
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Normes d'encadrement Nouvelles diverses Structures juridiques
Sièges sociaux : des choses à ne pas oublier
Ivan Tchotourian 31 mai 2016
« Ces sièges sociaux qui disparaissent sans faire de bruit »… c’est sous ce titre que M. Emilio B. Imbriglio propose une lettre ouverte dans La Presse+ du 29 mai 2016 contribuant à la réflexion sur la protection des sièges sociaux au Québec.
On discute, on documente, on questionne, et pour cause. Il est en effet délicat pour un gouvernement d’intervenir dans une dynamique économique à la fois mondiale et locale, d’où la prudence observée.
Abordée sous l’angle des multinationales, la protection des sièges sociaux s’avère complexe.
La mise en place de mécanismes de protection, comme le fait de donner plus de pouvoirs aux administrateurs en cas d’une offre d’achat hostile ou de limiter le droit de vote des actionnaires dits « touristes », pourrait être efficace pour décourager les investisseurs étrangers. Toutefois, en ajoutant sciemment des obstacles aux transactions, on risquerait aussi de diminuer l’attrait pour les entreprises québécoises, ainsi que leur valeur.
Quelques éléments que l’auteur souligne :
- Favoriser le transfert du flambeau et la poursuite efficace des affaires par les repreneurs.
- Mettre en place un traitement fiscal visant à bonifier l’exemption du gain en capital sur les transferts d’entreprises, en favorisant celles qui sont axées sur des modèles durables et intergénérationnels.
- Redoubler les efforts pour réduire le poids des contraintes administratives.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian