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Les dividendes pour contrer les hedge funds ?
Ivan Tchotourian 29 mars 2018 Ivan Tchotourian
Dans L’hebdo des AG (« Dividendes record de ce printemps : une nouvelle arme anti-activistes? »), Mme Hautefort amène une réflexion intéressante sur le lien entre versement de dividendes et activisme actionnarial dur (celui des hedge funds !).
Extrait :
L’enquête annuelle de l’Hebdo des AG sur les dividendes met en évidence une nouvelle année record avec deux changements majeurs : des dividendes en hausse dans presque toutes les sociétés, et le recul des acomptes sur dividendes au profit des rachats d’actions.
(…) Un autre facteur peut être la multiplication des initiatives activistes au cours de ces derniers mois. Les activistes sont souvent soit des hedge funds, soit des fonds value, peu attirés par les dividendes. Verser des dividendes importants serait-il une façon d’attirer un maximum d’investisseurs non activistes ?
Autre changement majeur : les acomptes sur dividendes se font rare. Paradoxe, alors que les sociétés n’ont jamais eu autant de trésorerie ? Nous y voyons plutôt le recul de cette pratique au profit des rachats d’actions, procédé plus souple pour les sociétés qui souhaiteraient, en cours d’année, retourner de la trésorerie à l’actionnaire. Par exemple dans un contexte d’activisme.
Le dividende, nouvelle arme anti-activistes ? Ce printemps d’assemblées générales nous le dira.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Nouvelles diverses
6e conférence annuelle Paule-Gauthier : le bitcoin au programme
Ivan Tchotourian 29 mars 2018 Ivan Tchotourian
Bonjour à toutes et à tous, je vous rappelle que la 6e conférence annuelle Paule Gauthier portera sur un thème ô combien d’actualité : « Bitcoin, tokens et système financier parallèle ? ».
Cette conférence sera prononcée par le professeur Thierry Bonneau, de la Faculté de droit de l’Université Paris 2, le mercredi 4 avril 2018, à l’Auditorium Jean-Paul-Tardif du pavillon La Laurentienne.
Le résumé de cette conférence est le suivant : Avec le bitcoin et le token, n’assiste-t-on pas à l’émergence d’un système financier, non pas alternatif, mais parallèle, à l’image du shadow banking system ? La question se pose avec acuité en raison du succès croissant du bitcoin et du développement des ICO (initial coin offering) qui proposent aux investisseurs d’acheter des tokens. Et cela même si récemment, le cours du bitcoin a chuté brutalement. Et même si les réactions sont diverses dans le monde, celles‐ci allant de l’interdiction à la liberté la plus totale d’utiliser ces produits. L’émergence d’un nouveau compartiment du « shadow financial system », caractérisé par le bitcoin et le token, invite à la réflexion.
- Réflexions d’ordre sociétal car si certains adhèrent à l’utopie libérale de Friedrich Hayek, favorable à l’existence de monnaies privées concurrentes, d’autres y voient le retour au féodalisme, ce néo-féodalisme traduisant une révolte contre les autorités publiques qui met en péril les États et les banques centrales.
- Réflexions d’ordre économique car on peut s’interroger sur la consistance des produits et les risques que le bitcoin et le token génèrent, des bulles menaçant de se former et de créer un risque systémique incontrôlable et dévastateur.Réflexions d’ordre politique car la question de la régulation et de la supervision du bitcoin et du token se pose, à supposer que l’on considère que les investisseurs qui placent leur argent dans ce type de produit méritent d’être protégés.Réflexions d’ordre technique car les produits, issus des nouvelles technologies, s’accommodent mal des qualifications connues de sorte que l’on s’interroge sur la législation applicable, une zone de non-droit semblant se dessiner. formulaire d’inscription.
Pour de plus amples renseignements sur cette conférence, vous pouvez vous rendre sur la page Facebook de l’événement au lien suivant : https://www.facebook.com/events/349315508888079/.
Les étudiant(e)s seront les bienvenu(e)s au cocktail !
Bien à vous,
Ivan
autres publications Nouvelles diverses
La diversité fait encore jaser !
Julie Bernard 29 mars 2018
La place des femmes dans les entreprises fait encore jaser. À l’approche de la saison des assemblées, plusieurs entreprises se verront viser par des propositions d’actionnaires qui touchent des questions de diversité. Afin d’en savoir plus sur cet enjeu, voici deux rapports fort intéressants qui ont été publié récemment.
NEI a récemment publié un rapport sur la place des femmes sur les conseils d’administration
Ce rapport All Aboard: Increasing Corporate Board Diversity mentionne:
« Canada has an enviable record on many aspects of gender equality – half of our Federal cabinet members are women, 62% of university graduates are female, women won 16 of Canada’s 22 medals at the 2016 Summer Olympics and our ratio of female to male labour force participation is among the highest in the world at 87.2%.
But these achievements have not been mirrored in our corporate boardrooms. In 2017, only 14% of Canadian board seats were occupied by women, while just over 4% of TSX Composite Index companies had a female chair.2 That is why diversity, and board diversity in particular, is a core component of our engagement program at NEI.3 Our long-term vision for the Canadian board landscape is one where corporate boards re ect the diversity and strength of Canadian society. »
Vigéo a aussi sorti un rapport récemment, mais sur la place des femmes dans les postes de la haute direction.
Ce rapport Gender diversity in corporate senior management:glass ceiling yet to be cracked mentionne:
« The disparate levels of female representation in governance and management bodies between different countries illustrate the unequal impact of the regulatory provisions (quotas, regulations and national legislations) on this theme. Whilst gender quotas have an impact on the composition of boards of directors and supervisory boards, they are not enough to influence the composition of companies’ executive teams. Female representation in positions of senior management seems to remain, to a large extent, conditional on the discretion of men, amongst other social and cultural circumstances. »
Bonne lecture!
Julie
Nouvelles diverses
Appel à publication
Ivan Tchotourian 28 mars 2018 Ivan Tchotourian
« Inflation normative : quel management dans les entreprises et les organisations pour y faire face ? »
Nous souhaitons, par ce numéro, contribuer à la compréhension des mutations en cours dans le nouveau champ de recherche qu’est la gestion des normes et ainsi conforter et participer à l’émergence de nouvelles pratiques managériales et de théories valides en la matière. Quelles sont les clés de la « bonne » (efficace, efficiente et supportable) gestion des normes pour une entreprise ou une organisation ? Nous voudrions disposer de connaissances afin de comprendre comment le management des normes peut devenir un avantage concurrentiel. Ainsi nous souhaitons dans ce numéro aborder les phénomènes suivants :
- Quel est l’état de la littérature concernant le management des normes ? Quelles connaissances valides se dégagent pour mettre en œuvre dans les entreprises et les organisations un management des normes performant, durable et équitable ? Comment ces connaissances pourraient aider le régulateur politique à bâtir des programmes plus efficaces pour les entreprises, les organisations et le citoyen de simplification normative ?
- La façon dont la gouvernance fait de la question normative une de ses préoccupations essentielles et les dispositifs pérennes mis en œuvre par les entreprises qui ont fait de la gestion des normes un avantage concurrentiel.
- Les outils et les méthodes permettant aux managers d’arbitrer au mieux les conflits normatifs auxquels ils sont confrontés (par exemple, dans la banque-assurance, comment respecter les règlements anti-blanchiment souvent contradictoires avec ceux protégeant la confidentialité des données ?) et de former leurs équipes aux normes en vigueur, à leur respect de façon efficace, efficiente et supportable ? Comment éviter de faire des organisations hypocrites au sens de Brunson qui font mine de respecter les normes sans les appliquer au niveau opérationnel ?
- Le pilotage du management des normes. Que rapporte qualitativement et financièrement la bonne intégration d’une norme ? Que coûtent des défaillances de gestion des normes ? Est-ce que le savoir-faire de gestion des normes est un actif immatériel décisif ?
- Le rapport entre l’éthique et les normes. Est-ce que les normes ne sont pas, au fond, une négation de l’éthique dans le sens ou l’éthique finit là ou la norme et la procédure commence ? Comment concilier au sein de l’entreprise, d’un point de vue organisationnel, la déontologie, l’éthique, la RSE, la compliance et le respect des normes qui s’imposent ?
- Le conflit entre la gestion des normes et les nouvelles organisations de travail : celles-ci découlent non seulement du changement technologique (nomadisme, travail délocalisé, à distance, réunions virtuelles etc.) mais également d’un nouveau rapport au savoir et à la hiérarchie. Il semble ainsi que le management, plus que de la surveillance et du contrôle, doit être un management de la régulation et de la médiation entre les personnes. Comment donc concilier la nécessité du contrôle et de la supervision verticale que semble imposer la gestion des normes avec celle de l’autonomie et de la coordination horizontale vers lesquelles oriente l’organisation contemporaine du travail ?
- Chez les salariés, à la stabilité de la vie professionnelle avec des plans de carrière construits et des revendications d’amélioration quantitatives, semble succéder une volonté plus marquée de changement avec une attention portée au bien-être et au sens de la mission. L’apprentissage des normes et leur application, inévitables nous l’avons dit, n’est-il pas un frein puissant au bien-être au travail voire un facteur de mal-être ? Comment dépasser ce paradoxe par un management adapté ?
- Comment former les étudiants en management puis les salariés à la gestion des normes, au-delà de la connaissance technique d’une norme à appliquer ? Faut-il faire de la déduction, de l’induction, de la pédagogie participative ou directive ? Comment le professeur en management des normes peut-il enseigner cette nouvelle discipline à des étudiants ou des professionnels en sorte qu’elle soit vecteur d’améliorations dans les organisations ?
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Normes d'encadrement normes de marché
ISR : mieux le connaître
Ivan Tchotourian 28 mars 2018 Ivan Tchotourian
Conseiller.ca publie un intéressant article intitulé « Investissement responsable : démêler le vrai du faux » (31 janvier 2018) sous la plume de M. Pierre-Luc Trudel. L’occasion de faire le point sur l’ISR et de belles mises à jour sur sa situation au Canada et au Québec.
Même si sa popularité ne cesse de grandir, l’investissement responsable est encore freiné par de nombreux mythes qui ont la vie dure. Rosalie Vendette, conseillère principale, investissement responsable chez Desjardins Gestion de patrimoine, a tenu à démêler le vrai du faux.« L’investissement responsable n’est pas un effet de mode, assure-t-elle. Aujourd’hui, environ 68 000 milliards de dollars américains, soit la moitié des actifs mondiaux, sont engagés envers les enjeux environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG). »
Au Canada, l’actif géré en fonction de critères ESG atteint 1500 G$, tandis qu’il approche les 500 G$ au Québec.
Malgré cet engouement, de nombreux investisseurs croient toujours que d’intégrer des critères ESG à leur politique de placement nuira aux rendements.
Je vous laisse découvrir la suite de cet article…
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Nouvelles diverses
Journée de droit économique à Nice le 12 avril
Ivan Tchotourian 28 mars 2018 Ivan Tchotourian
La Faculté de droit et de sciences politiques de Nice, le GREDEG (groupe de recherche en droit, économie et gestion UMR 7321 CNRS/UNS) et l’Université de Nice Sophia Antipolis membre de l’Université Côte d’Azur organisent les journées de droit économique créées en 2007 par l’école de droit économique de Nice afin de favoriser le débat scientifique et critique sur des thèmes de droit économique. Il s’agit ici pour reprendre les termes du créateur de ces journées de « penser de manière vivante un droit vivant parce que très évolutif : le droit économique ».
À cet égard, la thématique des rencontres du 12 avril 2018 Pouvoirs privés économique et ordre public économique s’inscrit parfaitement dans l’esprit de cette manifestation et ce à plus d’un titre. Les deux notions sont en effet, depuis fort longtemps au cœur des travaux de l’école de droit économique de Nice et de sa méthodologie : l’analyse substantielle. Elles sont aussi au cœur de l’actualité juridique et économique : il suffit de songer ici à l’affaire Apple, aux projets de taxation des géants du numérique, aux problématiques liées à la régulation des marchés financiers, du numérique, aux questions qui se posent en droit de la concurrence, en droit de l’environnement, en termes de responsabilités car il s’agit bien entendu aussi de cela : la contrepartie de tout pouvoir n’est-elle pas la responsabilité ? L’ordre public économique est invoqué pour justifier des limites aux libertés économiques mais il n’est pas seulement une contrainte visant simplement à assurer le bon fonctionnement du marché, il est bien plus que cela car il est intrinsèquement lié à la régulation et donc au régulateur.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
À la prochaine…
Ivan Tchotourian
Divulgation Nouvelles diverses
SHARE publie un rapport sur les devoirs fiduciaires
Julie Bernard 28 mars 2018
Shareholder association for research and education (SHARE) a publié récemment un rapport sur les devoirs fiduciaires « Fiduciary Duty in the 21st century. Canadian Pension Regulation Analysis: Alberta ». Les devoirs fiduciaires sont souvent perçus comme un « obstacle potentiel » à l’investissement responsable. Pourtant, de plus en plus de chercheurs (p.ex. Benjamin Richardson) pousse que l’intégration de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance serait en lien avec les devoirs fiduciaires. Le rapport produit par SHARE semble aussi aller en ce sens.
Ce rapport mentionne entre autre:
« Disclosure requirements are a light-touch intervention to improve pension fund practice. Even if they do not dictate whether or how a fund should incorporate ESG factors in its decision-making, they have the effect of initiating a timely discussion between an asset owner and its advisors, such as lawyers, investment consultants, investment managers and actuaries, to comply with the regulation.12 They also provide a critical signal from regulators that ESG factors are a legitimate consideration for investment decisions as fiduciaries.
A better flow of information from pension fund trustees and administrators to regulators and stakeholders may also helpbuild trust with beneficiaries by providing context for investment decisions and the broader management of beneficiary assets. This can be achieved through disclosure requirements without materially raising compliance costs, as additional information can be included in existing statutory disclosures. » (2018, p.4)
Le rapport de SHARE sur le cas de l’Alberta est disponible ici.
En 2017, l’organisme des Nations unies Principles for Responsible Investment (UNPRI) avait aussi publié un rapport sur les devrais fiduciaires en lien avec l’investissement responsable dans un contexte canadien. Vous pouvez lire ce rapport ici.